Pour Noël, pour vous toutes et vous tous, ce message d’André chômeur et SDF

Je regarde le feu qui crépite dans la cheminée.Une chaleur douce et bienfaitrice vient caresser mes avant-bras.

Je suis bien dans ma petite cabane.Au chaud, certes mais bien seul.

Dehors,une neige épaisse et coriace a recouvert les toits des maisons donnant à celles ci une apparence uniforme et fantomatique.

Toute la ville dort,comme assommée, plongée dans une profonde hibernation. Le vent d’hiver souffle.Tel un monstre invisible et inquiétant, il expectore son râle menaçant, un râle de vieillard. Un râle de phtisique. Parfois,une violente bourrasque fait se soulever des paquets de neige dans les airs et les plaque violemment contre les murs des maisons.

Un frisson d’angoisse me parcourt le corps, j’ai peur. Tout autour de moi,le silence. J’ai beau ouïr, mais non, c’est déjà le repos de la nuit en attendant la nouvelle année qui vient.

Je n’attends rien de cette nouvelle année. Non, vraiment rien !

Pas de boulot, pas d’argent, pas de toit. Pas de champagne, pas de homard thermidor, ni d’huîtres pluviôse ni de langoustes ventôse… Rien de tout cela.

Je suis pauvre et chômeur. Un pauvre SDF qui fait la manche et mange les invendus des marchés. Les futilités des nantis, la poire et le fromage ne m’intéressent pas.
Non, cela ne m’intéresse pas. Je suis chômeur. J’ai d’autres priorités que de de m’agiter à faire le jeu des nantis, des riches dans les magasins, à attendre Godot devant tant de futilités.
Je fais les fins de marché.
Heureusement, les marchands de fruits et légumes ont une bonne âme. Ils offrent ce qu’ils ont à offrir: des salades, du céleri, des pommes de terre.. Bref, tout ce que l’on peut offrir à un chômeur en fin de droits et qui crève la dalle.

André Plougardel,chômeur SDF