
Un artisan suisse heureux travaillait tranquillement dans son atelier au fond d’une vallée valaisanne.
Il avait quelques bons clients, gagnait correctement sa vie, rentrait le soir à une heure raisonnable et profitait de sa famille, de ses amis et de la montagne.
Un jour, un technocrate bruxellois en vacances à Evolène, accompagné d’un politicien PLR genevois en chaussures italiennes et d’un consultant parisien “spécialiste de la croissance”, s’arrêtent devant son atelier.
Ils regardent l’endroit avec ce mélange très particulier de fascination et de condescendance réservé aux gens qui vivent encore bien sans passer par Bruxelles, Zurich ou LinkedIn.
« C’est incroyable… vous avez un potentiel énorme ici. Vous devriez développer tout ça. »
L’artisan demande calmement :
« Pourquoi ? »
Le consultant répond immédiatement :
« Parce qu’il faut performer. Accélérer. Industrialiser. Ouvrir une usine dans le Chablais. Lever de la dette à la BCVs. Optimiser vos marges. »
« Et après ? »
« Après, vous pourrez engager des frontaliers de Saint Gingolph, Évian et Thonon à moindre coût, importer davantage de main-d’œuvre de l’Europe de l’Est, acheter des machines chinoises, exporter partout en Europe et dans le monde, faire exploser votre chiffre d’affaires et devenir un acteur incontournable du marché. »
« Et après ? »
Le PLR genevois sourit :
« Après, il faudra construire davantage de logements en plaine, densifier les villages, élargir les routes, bétonner un peu la vallée… mais ce n’est pas grave, c’est le progrès. Et puis avec 20 millions d’habitants en Suisse, vous aurez encore beaucoup plus de clients. »
« Et après ? »
Le politicien reprend :
« Après… votre entreprise vaudra une fortune, elle sera cotée à Zurich, votre patrimoine explosera et vous serez enfin libre. »
« Libre de faire quoi ? » demande l’artisan.
Le silence s’installe quelques secondes.
Puis le technocrate bruxellois répond :
« Eh bien… ralentir un peu. Respirer l’air de la montagne. Profiter de votre famille pendant vos vacances. Vivre dans un endroit calme avec une bonne qualité de vie… »
L’artisan suisse les regarde alors tranquillement et répond :
« Messieurs… tout cela, je l’ai déjà.
Et surtout, je n’ai pas besoin de transformer mon pays en périphérie urbaine européenne surdensifiée pour y parvenir. »
Puis il remet sa veste, regarde la montagne et conclut :
« Le 14 juin, je vote OUI pour une Suisse à 10 millions. Sans la moindre hésitation.
Bonne descente, messieurs. »
Patrick Saegesser UDC Crans-Montana Patrick Saegesser
Stéphane Guibert
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