La présence de plastique dans l’estomac des oiseaux provoque occlusions intestinales et intoxications chimiques.
C’est un véritable fléau. Les oiseaux marins ingèrent une quantité astronomique de déchets plastiques qu’ils trouvent dans les océans, ce qui conduit irrémédiablement à leur mort. On pensait jusque-là que ce problème était lié au fait que ces oiseaux confondent les particules de plastique avec des espèces animales. Un facteur donc purement visuel. Une étude récente vient apporter une autre explication à ce phénomène.
Les chercheurs de l’université de Californie à Davis ont commencé leurs recherches en partant du constat que les oiseaux hauturiers survolent l’océan et parviennent à dénicher de la nourriture, notamment le plancton animal, grâce à leur odorat. Et l’un des indices olfactif qu’ils préfèrent provient d’une molécule : le DMS pour diméthylsulfure. Une molécule produite par la décomposition du plancton végétal lorsque le plancton animal vient le manger, rapporte le journaliste scientifique Pierre Barthélémy sur son blog Passeur de sciences.
Quand le plastique devient un leurre
Pourquoi les animaux marins seraient-ils attirés par le plastique alors qu’il n’est absolument pas composé de DMS ? C’est là que les chercheurs de l’université de Californie entrent en scène. Ils ont mené l’expérience de laisser flotter des petites perles de plastique dans l’océan, au large des côtes californiennes, pendant trois semaines. Après ce temps, ces petites billes ont été récupérées et analysées et là, les résultats sont sans appel : avant l’expérience, les perles de plastique ne dégageaient pas de DMS mais après, elles en contenaient toutes, sans exception. Pourquoi ? Les chercheurs ont mis en évidence que le plastique apparaît comme un support idéal pour ce qui est appelé « l’encrassement biologique ». Cet encrassement correspond à une sorte de pellicule d’être-vivants microscopiques qui vient se former sur les déchets plastiques et qui émet quoi ? Du DMS ! Et il apparaît que la concentration de DMS émise par le plastique « encrassé » est suffisante pour qu’un oiseau marin soit attiré, nous dit l’étude. Le plastique devient alors un leurre.
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