Environnement : Écocide, un crime contre l’humanité et la nature qui doit être jugé et condamné

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« Ceux qui commettent ce crime détruisent les conditions vitales pour tous ».

Un écocide, c’est un crime contre l’environnement. Valérie Cabanes est juriste en droit international. Elle se bat pour que les écocides soient reconnus par la justice.

Tous les signaux sont au rouge. Notre civilisation industrielle et capitaliste détruit l’écosystème planétaire tel que nous le connaissons depuis 10’000 ans.

Depuis la première ère industrielle, nous avons fonctionné comme des prédateurs sur Terre. Nous avons puisé toutes les ressources possibles pour le bien-être de quelques-uns. Aujourd’hui, 8 personnes dans le monde détiennent un patrimoine équivalent à 3,6 milliards d’humains.

Nous entendons des alertes scientifiques toutes les semaines aux informations. Et pourtant, rien ne se passe et rien ne se passe déjà depuis les années 1970 où les premières alertes sont apparues.  Les questions qu’il faut se poser sont :

  • Comment se fait-il que ceux qui induisent, que ceux qui financent, que ceux qui décident, effectivement, de toutes les technologies qui détruisent l’atmosphère, qui détruisent la biodiversité et la biosphère, soient, aujourd’hui, dans une totale impunité et puissent continuer à faire ce qu’ils font ?
  • Comment se fait-il qu’un Donald Trump puisse sortir de l’accord de Paris sans être inquiété par une justice internationale, parce qu’il menace l’intérêt général ?
  • Comment se fait-il que les multinationales ne sont pas, aujourd’hui, en situation d’être reconnues responsables quand elles violent les droits de l’homme  et le droit de l’environnement ?

Alors il nous faut aussi reconnaitre en droit national, en droit européen, en droit international, le crime d’écocide, parce que ceux qui commettent ce crime, détruisent les conditions vitales pour tous !

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Environnement : Les vertus du chanvre

Alors que notre civilisation est sur le point de s’effondrer, nous continuons comme si de rien n’était à user et abuser des énergies fossiles. Le chanvre qui pousse partout, qui n’a besoin d’aucun traitement ni d’arrosage et qui peut être utilisé pour produire tout ce qui s’obtient par le pétrole, continue à être diabolisé. Cherchez l’erreur !!!

Souvent confondu, le chanvre est une plante magique. Elle n’a aucune valeur récréative, par contre, elle a un énorme potentiel écologique car on peut presque tout faire avec :

  • Alors que le coton utilise 16% de tous les pesticides et 30’000 litres d’eau pour un simple kilo, le chanvre ne demande ni arrosage, ni pesticide et ses fibres donnent un tissu de très bonne qualité.
  • Le plastic de chanvre est 100% biodégradable. Il peut être moulé dans n’importe quelle forme et même utilisé par les imprimantes 3D.
  • Très isolant, très léger, super résistant au feu, il peut aussi être utilisé dans la construction.

Et pour rappel :

Cette plante miraculeuse et qui peut pousser partout a effectivement été diabolisé puis interdite. Il faut surtout savoir que toute l’économie des États-Unis était basée sur la culture du chanvre et que jusqu’en 1’800 les taxes pouvaient même être payées avec  cette matière première. Cerise sur le gâteau, il était même  illégal de ne pas en faire pousser.

Que c’est-il passé ?

En 1930, les États-Unis ont inventé le mot marijuana en disant qu’il s’agissait d’une drogue dangereuse venant du Mexique.

Qui est derrière cette prohibition ?

Je ne vous surprendrai pas en vous disant que les industries pétrolières, forestières, pharmaceutiques et textiles qui sont à l’origine de cette propagande avaient tout intérêt à voir disparaître cette manne pour ainsi dire gratuite.

Que peut-on obtenir avec le chanvre ?

Pour ainsi dire, tout ! On peut remplacer presque tous les produits provenant de l’industrie pétrolière comme par exemple, le biodiesel; on peut avec la résine fabriquer un  plastique bio dégradable. Pour la petite histoire, un des modèles de voitures d’ Henry Ford de 1941 était construit en résine de chanvre qui est dix fois plus solide que l’acier et roulait au biodiesel de chanvre.

Le papier fabriqué avec du chanvre.

En 1916 le gouvernement américain disait que depuis les années 40 tout le papier serait fabriqué avec du chanvre afin d’endiguer le massacre des forêts. Une étude démontrait que 4’o46 m² de chanvre à la production équivaut à 16’592 m² de forêts. petite anecdote, la constitution américaine a été rédigée sur du papier de chanvre. La fabrication du papier ne demande pas de blanchissement au chlore. ce papier peut être recyclé entre 7 et 8 fois en comparaison au papier issu du bois qui lui ne peut pas être recyclé au delà de 3 fois.

Le chanvre peut être utilisé dans la construction. Une maison faite en chanvre sera 6 fois plus solide qu’une maison construite en béton tout en n’en pesant que la moitié et en étant trois fois plus souple. Imaginez donc des maisons faites en cette matière dans des régions sujettes à des secousses sismiques importantes telles que le Japon par exemple. De plus, le chanvre est auto isolant ce qui implique beaucoup d’économies d’énergie. Il résiste à la pourriture, au fongus et aux insectes, ininflammable il résiste aussi à l’humidité.

Le chanvre est une des plantes ayant le plus de vertus médicinales telles que des fonctions anti psychotiques, anti épileptiques, anti cancer, anti bactérien, anti diabétique, stimulation des os, anti inflammatoires etc… Les bienfaits médicaux ne s’obtiennent pas en le fumant mais en le vaporisant ou en le mangeant.

La culture de chanvre ne demande aucun traitement particulier ce qui bannit tous les intervenants chimiques dont a besoin l’agriculture made in Monsanto. La fleur femelle du chanvre est un insecticide naturel qui tue purement et simplement l’insecte parasite qui s’y aventurerait. La fibre de chanvre permet la fabrication de tout ce qui est issu de l’industrie textile.

Découvrez cette vidéo de Gabriel Luneau humaniste et écologiste convaincu.

>>>Article original<<<

Stéphane Guibert  / Finalscape / Tous pour la vérité / VK /

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Suisse : Des panneaux solaires qui n’en ont pas l’air

Quand les murs produisent de l’électricité

Vous avez déjà vu des panneaux solaires standards, ils sont noirs ou bleus foncés et ils sont plus utiles que esthétiques.  mais de nouvelles technologies sont développées en Suisse.

Laure Emmanuelle travaille au centre Suisse d’électronique et de micro technique à Neuchâtel (CSEM), ses chercheurs ont développé une technique pour changer la couleur des panneaux solaires, on peut utiliser toutes les couleurs et même des photos pour les couvrir.

Cette technologie permet d’intégrer des panneaux solaires où cela n’aurait pas été possible à cause de la protection du patrimoine par exemple. La production est simple :

On soude des cellules photovoltaïques ensemble avant de les « emballer » pour les protéger. Maintenant, toutes les surfaces imaginables peuvent produire de l’électricité.

Dans ce premier épisode, Marc et Jonas rencontrent Yannick qui souhaite rénover sa maison pour augmenter son confort et payer moins de charges. Embarqué dans le bus solaire, il découvrira trois solutions suisses innovantes et totalement durables. De quoi en savoir plus sur les moyens d’habiter dans l’air du temps.

Crédit vidéo : Radio Télévision Suisse

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Environnement : Une alternative bio au glyphosate refusée sans motif

Jacques Le Verger, Ingénieure agronome se bat depuis 2015 pour homologuer un produit 100% bio qu’il a mis au point et qui est une alternative au Glyphosate.

Ce produit a pourtant fait ses preuves avec la marine nationale qui l’a testé  sur ses sites. Un sous-traitant de la SNCF chargé de l’entretien des voies c’est mis sur les rangs. Depuis longtemps, l’entreprise cherchait elle aussi une alternative au Glyphosate pour désherber les 300 kilomètres de sa ligne, Bordeaux Tours ce qui a été reffusé, le produit n’ayant pas reçu l’autorisation de sa mise sur le marché.

L’ingénieur qui a déjà investi 1 million d’euros pour développer son produit a même obtenu une certification de l’INERIS, qui la jugé parfaitement inoffensif pour l’homme et pour l’environnement.

Et pour rappel :
En 2015, une petite entreprise française ne parvenait pas à vendre son désherbant bio.

(Première publication : 12 novembre 2017 sur ce site)

Jacques Le Verger, créateur de l’entreprise Osmobio, à Loudéac, a mis au point un herbicide qui s’avérerait sans dangers, selon les premières études réalisées. (Photo d’archives Didier Déniel)

OsmoBio, désherbant 100% bio qui pourrait être une alternative intéressante face aux fameux Roundup de Monsanto et pourtant, en 2015, cette petite entreprise bretonne dirigée de main de maître par Jacques Le Verger ne parvenait pas à vendre son produit. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Stéphane Guibert

Où en est rendu Jacques Le Verger, ce Loudéacien qui a inventé un désherbant “naturel” et jugé sans risque ? En plein débat sur le glyphosate, il compte déposer un nouveau dossier à l’Anses, au premier semestre 2018, afin de commercialiser son produit. Après moult années de combat pour convaincre.

Ce mercredi, à Bruxelles, la Commission européenne a décidé de remettre à plus tard son vote sur le renouvellement de l’autorisation du glyphosate, l’herbicide tant contesté. Ce mercredi, à Loudéac, Jacques Le Verger, patron de l’entreprise Osmobio, continue d’œuvrer pour que sa solution alternative – un désherbant prometteur – puisse être commercialisée.

Plus d’un million d’euros engagés

Depuis 2009, sa petite société a engagé plus d’un million d’euros pour mener à bien les études idoines dans le but de convaincre l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) de l’absence de danger de sa trouvaille. Il y a deux ans, l’Anses estimait son premier dossier incomplet.

A la suite de cela, “nous avons changé notre approche du produit, plus concentré, afin de réduire son coût et son impact écologique, en diminuant les ressources en plantes dont nous avons besoin”. Le diplômé d’agronomie doit en effet isoler “cinq à six actifs” végétaux pour formuler son produit qui a été testé par la Direction des routes de l’Ouest (Diro) de 2011 à 2013. Des tests qui se sont avérés “concluants”.
Concrètement, Jacques Le Verger compte confier ce nouveau dosage à l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) en début d’année 2018. En juillet 2012, ce grand laboratoire public avait conclu, pour la première formule, à une absence de risques pour l’homme et l’environnement. Si les résultats s’avèrent aussi bons, le gérant d’Osmobio remettra ensuite un dossier complet à l’Anses. A la clé, au moins trois mois d’études de toxicité.

Tout s’accélère pour trouver une alternative au glyphosate

Malgré toutes ces années passées à voir des obstacles se dresser les uns après les autres, Jacques Le Verger garde confiance. Et peut-être plus encore aujourd’hui. Il observe le débat sur le glyphosate et le besoin toujours plus urgent d’une solution de substitution. “Je pense que cela va accélérer le processus d’étude des produits alternatifs, c’est nécessaire”, estime-t-il.
Ne craint-il pas de voir des géants de l’agrochimie lui passer devant ? “Je reste réaliste mais je considère que l’on a toujours un temps d’avance concernant l’utilisation d’extraits de plantes. Et notre produit se révèle très proche du glyphosate en terme d’efficacité”, affirme le patron loudéacien. “Il y aura plusieurs désherbants sur le marché, les consommateurs feront des comparaisons et j’espère que le nôtre sera reconnu comme performant, écologique et économique”, complète-t-il.

Quant aux désherbants “naturels” (aux acides pélargonique ou acétique) déjà en vente en jardinerie, ils ne trouvent – évidemment – pas grâce aux yeux de l’ingénieur : “Ils ne remplissent pas la fonction de désherbage : il n’y a pas d’action sur la racine, les plantes redémarrent de plus belle”.

Reste à savoir d’où viendra la solution miracle contre les herbes folles – si elle existe. Peut-être du cœur même de la Bretagne, à Loudéac…

Source :

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Environnement : Quand la nature se fait la malle

En France les oiseaux disparaissent à vitesse grand V. Depuis une trentaine d’années, on a perdu un tiers des oiseaux des champs de nos campagnes.

On retrouve également ce phénomène dans les milieux forestiers, dans les milieux bâtis, mais il est beaucoup plus marqué en milieu agricole.

Chaque année, les populations d’alouettes diminuent de près de 2% et 30% des hirondelles ont disparu en 30 ans. Ce phénomène ne se limite pas à la France : Depuis les années 1980 l’Europe a perdu 421 millions de ses oiseaux.

On arrive à relier ce déclin d’oiseaux des campagnes avec l’intensification de l’agriculture qui se traduit par plein de phénomènes différents. Depuis plusieurs décennies, c’est l’augmentation de la taille des parcelles, la disparition des prairies permanentes, l’utilisation de pesticides…

Faisant partie du régime alimentaire de plusieurs oiseaux, le déclin des insectes accélère ce processus. Premières cibles des pesticides, en Allemagne, les insectes volants ont perdu 75% de leur biomasse depuis les années 1990. Aujourd’hui, 40% des espèces d’oiseaux sont menacées d’extinction à l’échelle mondiale.

En 50 ans, nous avons perdu entre 30 et 50% de la matière organique de nos sols.

On dit souvent que c’est à la fin de la seconde guerre mondiale qu’il a fallu nourrir la population avec peu de bras et qu’il a fallu mettre en œuvre de gros moyens pour y parvenir d’où l’arrivée de puissants tracteurs etc… Ce sont des idées reçues car le dernier ticket de rationnement a été imprimé en 1948 alors que le boum de l’industrialisation de l’agriculture a débuté dans les années 1960 et c’est à partir de ce moment qu’une relance dynamique de l’économie est mise en œuvre.

A terme le problème c’est concrétisé dans la manière de procéder.

Pour faire passer des machines dans les champs il faut enlever les haies et de cause à effet, les insectes qui allaient sur les haies se sont rabattus dans les cultures sur lesquelles des cocktails d’insecticides sont pulvérises pour les en protéger. La vie étant ainsi détruite, il a fallu fertiliser artificiellement.

Nous nous trouvons confrontés à une fuite en avant qui perdure depuis plus d’un demi siècle et qui se soldera par la sixième extinction massive de la planète, à savoir, la nôtre. Reste à savoir ce qu’il nous reste en temps pour rattraper les erreurs cumulées depuis 50 ans et si le temps qui nous est imparti est suffisant.

Sources :

>>>Brut Nature<<<
>>>Claude et Lydia Bourguignon<<<

 

Stéphane Guibert / Finalscape / VK / MondiAspora

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Science & Vie : Conserver les semences anciennes du Guatemala avec Pain pour le prochain

Les semences locales des Indiens d’Amérique latine sont souvent plus résistantes que les graines importées. Pourtant les autochtones doivent lutter pour les conserver et pouvoir les utiliser. Un combat mené avec le soutien de Pain pour le prochain. Reportage au Guatemala :

Hans Haldimann.

Ces indiens d’Amérique latine lutent farouchement et avec succès contre l’invasion des OGM, des pesticides, fongicides et herbicides imposés par des monstres comme Monsanto. Ce sont ses petits résistants à l’agroalimentaire mondialiste qu’il faut absolument soutenir et protéger contre notre consumérisme démesuré. (ndlr.)

Source : Radio Télévision Suisse

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Environnement : L’homme monétisera sa propre extinction et le Qatar en est un exemple

La « guerre du sable » est déclarée.

Sous l’effet du boom de la construction, les besoins en sable sont de plus en plus énormes. Le pillage du sable marin menace les côtes et les plages de nombreux pays. Et la France n’est pas épargnée !

Les extractions de sable marin menacent-elles nos plages et notre littoral ?

Le sable est la seconde ressource naturelle la plus consommée après l’eau : l’humanité en avale 15 milliards de tonnes chaque année. On s’en sert pour le béton, les terres agricoles ou les puces électroniques. On en consomme tellement que, dans certaines régions du monde, les plages reculent, voire disparaissent. En France, les demandes de permis pour aspirer du sable au large des côtes se multiplient. Dans la baie de Lannion, en Bretagne, un projet d’extraction est vivement contesté et fait peser un risque sur le littoral et la biodiversité. Pourtant, des alternatives existent.

Y aura-t-il bientôt des navires aspirateurs de sable au large de Lannion, dans le Nord de la Bretagne ? Le Peuple des dunes, un collectif qui lutte contre ce projet d’extraction depuis près de cinq ans et réunit pêcheurs, plaisanciers, professionnels du tourisme, élus et associations écologistes, espère bien que non. La menace, pourtant, se précise. En septembre 2015, le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l’Économie Emmanuel Macron ont accordé la « concession de la Pointe d’Armor » à la Compagnie armoricaine de navigation (CAN), société extractrice membre du groupe international Roullier. Deux mois plus tard, le préfet signait les arrêtés autorisant le début des travaux [1]. La contestation de l’accord de concession devant le Conseil d’État pourrait retarder le lancement de l’extraction. Mais,« à compter de 2016, le pompage du sable risque de commencer à tout moment », craint Odile Guérin, géologue et élue de Trébeurden, l’une des treize communes concernées par le projet.

Pour extraire du sable de mer d’une « dune sous-marine », un bateau avançant à faible vitesse (entre 2 et 4 km/h) traîne une élinde – sorte de tuyau d’aspirateur géant. Le sable aspiré est recraché sur le pont. Une partie de l’eau est aussitôt rejetée à la mer. Au fond de l’eau, là où passe l’élinde, se forme un nuage de sable que l’on qualifie de « turbide ». C’est la première source d’inquiétude des opposants au projet de la CAN. « La turbidité assombrit l’eau, indique Odile Guérin. Le sable soulevé par l’élinde va aller se déposer bien au-delà de la zone d’extraction, ce qui risque de tuer la végétation. » Autre souci : la dune est une zone de reproduction et de refuge pour les lançons, de tout petits poissons qui forment le début de la chaîne alimentaire. « C’est un vrai problème pour les pêcheurs. Sans parler de tous les petits organismes qui seront déchiquetés par l’élinde avant d’être remis à l’eau. »

Des besoins pour l’agriculture intensive

Située à moins de dix kilomètres de la côte, à une quarantaine de mètres de profondeur, la dune sous-marine sur laquelle lorgne la CAN est composée d’une accumulation de débris de coquilles, que l’on appelle « sable coquillier ». On l’utilise dans l’agriculture pour désacidifier les terres. « Avant, pour amender les sols trop acides, on se servait d’une algue : le maërl, rapporte Patrice Desclaud membre du collectif Peuple des dunes. Mais c’est désormais une espèce protégée, on se tourne donc vers le sable. Ce besoin est lié à l’agriculture intensive : les amendements azotés – et notamment les déjections animales – acidifient beaucoup les sols [2]. » La CAN exploite déjà trois autres gisements au large de la Bretagne, avec un volume extrait de 208 000 mètres cubes par an au total. Au large de Lannion, l’entreprise envisageait de pomper jusqu’à 400 000 mètres cubes par an.

Les besoins agricoles ne justifient pas à eux seuls les aspirations de sable au large des côtes. Fabrication du verre, élaboration de cosmétiques et de détergents, rechargement des plages, fracturation hydraulique : le sable sert à une multitude d’activités. Il contient en plus divers minéraux stratégiques tels que le silicium, le titane ou le thorium, à la base de nombreux micro-processeurs. Le sable sert aussi au secteur des bâtiments et travaux publics : fondations, pavement et revêtement des routes, voies ferrées, digues, bétons.

20 kilos de granulats par Français et par jour

Chaque année, la France consomme 450 millions de tonnes de granulats – sable et graviers – pour satisfaire ses besoins de construction. Cela représente sept tonnes par an pour chaque habitant, soit 20 kilos par jour ! Plus ou moins concassés selon leur usage, ces granulats sont principalement issus des carrières terrestres : 200 millions de tonnes en sortent chaque année. Seconde origine : les berges et anciens lits de rivières d’où l’on tire plus de 100 millions de tonnes de sable alluvionnaire chaque année. Viennent ensuite le recyclage (déchets issus du secteur de la déconstruction notamment), puis la mer, qui fournit actuellement 7 millions de tonnes de granulats par an [3].

« La part de granulats marins reste marginale en France », commente Eric Chaumillon, professeur en géologie marine à l’université de La Rochelle et chercheur au CNRS. Elle est bien moindre que chez les champions européens de cette discipline : la Grande-Bretagne (20 millions de tonnes) et la zone Belgique-Pays-Bas (45 millions de tonnes). Dans ces régions, « les ressources à terre sont limitées ou épuisées, il existe une pression environnementale forte sur les carrières et une forte consommation », remarque Eric Chaumillon. La France, quadrillée par de nombreuses carrières, n’est pas dans la même situation. Mais l’épuisement des ressources terrestres et l’opposition croissante des riverains compliquent leurs ouvertures et agrandissements.

Les grands bétonneurs investissent la mer

Face à ces difficultés, les ressources marines sont-elles une solution ? « Les granulats marins, c’est à peine 2 % de la production nationale, remarque Mathieu Hiblot, de l’Union nationale des producteurs de granulats (UNPG), et c’est une production qui n’a pas tendance à se développer. » Du côté de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), le son de cloche est un peu différent : « Cette réserve est de plus en plus sollicitée. Déjà, des demandes de permis de recherche de grande ampleur, sur des surfaces de 400 kilomètres carrés environ, sont déposées, laissant augurer une augmentation de la production de matériaux d’origine marine », mentionne un article de deux chercheuses de l’institut, paru en octobre 2013. Dans la Manche, six nouveaux titres miniers ont été accordés entre 2011 et 2013, avec des autorisations d’extraction qui courent jusqu’en 2043.

Parmi les groupements d’intérêt économique qui ont obtenu ces titres miniers, on retrouve de grands bétonneurs français comme Vinci ou Lafarge, ainsi que l’italien Italcementi ou le mexicain Cemex. Sur la façade atlantique, interviennent GSM, filiale du groupe Italcementi, ou encore Colas, filiale de Bouygues, en charge de la construction de routes et de la fabrication du béton. « Pour les régions situées à proximité de la côte, les gisements de granulats marins sont indispensables, concède un fonctionnaire du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. La Bretagne, la Loire-Atlantique, le Poitou-Charentes, déficitaires en granulats terrestres, sont des territoires attractifs, où la demande en béton est supérieure à la moyenne nationale (exceptée l’Île-de- France). »

Des études d’impact bâclées ?

Quels sont les risques pour les milieux marins ? L’UNPG assure que, « au bout de trois à cinq ans environ, la situation est à peu près revenue à l’état initial. Dans certains lieux, on a constaté un enrichissement de la biodiversité après dragage, l’évolution du milieu naturel ayant été propice à de nouvelles espèces. » L’Ifremer est un peu moins enthousiaste : « L’exploitation du fond de la mer, quels que soient son objectif et les précautions prises, entraîne des modifications temporaires ou permanentes du milieu marin. Ce système est complexe, et l’interdépendance des compartiments liquide, solide et vivant est telle que la modification de l’un d’eux peut entraîner une évolution irréversible du milieu. »

L’étude d’impact que les entreprises doivent fournir quand elles déposent leur demande d’extraction est censée évaluer les risques pour le milieu et pour les activités économiques qui en dépendent. « Chez nous, elle a été bâclée, estime Odile Guérin. Elle a été faite trop rapidement et aucun état initial n’a été réalisé, alors qu’il est normalement obligatoire. » Qu’en pense la CAN ? Elle n’a pas répondu à nos questions. « L’entreprise n’a pas été transparente du tout, à aucun moment, ajoute Odile Guérin. Même les élus ont été prévenus du projet par voie de presse ! » Les citoyens de la baie de Lannion regrettent aussi de n’avoir pas été mieux entendus au cours de l’enquête publique. « La population a massivement participé à l’enquête publique, et plus de 99 % des avis étaient négatifs. Les treize communes concernées ont toutes dit qu’elles ne voulaient pas du projet. La communauté d’agglo a aussi dit non. Résultat ? Le commissaire enquêteur donne un avis favorable. À quoi ça sert de consulter la population si on ne tient pas compte de ce qu’elle demande ? »

Menaces pour les plages ?

Y a-t-il, au large de Lannion ou ailleurs en France, une menace de disparition des plages, comme le craignent certains riverains, élus ou professionnels du tourisme ? « Il y a beaucoup d’incertitude sur ce point, chaque côte et avant-côte ayant ses propres caractéristiques, souligne Eric Chaumillon. Une analyse spécifique doit être conduite sur chaque site d’extraction potentiel, en prenant en compte la profondeur d’eau, la distance à la côte, la distribution des bancs de sable, l’exposition de la côte, le climat des vagues, les courants de marée et le marnage, la direction et l’amplitude des tempêtes, la réfraction et la réflexion des vagues, la nature sédimentaire des fonds marins. » Les études d’impact qui accompagnent les demandes d’autorisation d’extraction tiennent-elles compte de ces différents paramètres ? Pas toujours, si l’on en croit les conclusions de l’enquête publique menée dans l’estuaire de la Gironde, où le groupe Italcementi aimerait aspirer quelque 400 000 mètres cubes de sable chaque année.

Dans les scénarios étudiés par l’étude d’impact, le coefficient de marée le plus important pris en compte est 95, loin des situations critiques que connait fréquemment la région, avec des coefficients supérieurs à 100. Idem pour la houle, qui a été sous-estimée. « Le problème, selon Eric Chaumillon, c’est le cumul de pressions, avec des régions dans lesquelles on a construit trop près des côtes, et où il y a des tempêtes de plus en plus régulières. Extraire du sable dans ces endroits n’est pas forcément bienvenu même si les quantités prélevées sont faibles au regard des stocks disponibles. »

Ailleurs dans le monde, les prélèvements de sable marin sont tels que des îles disparaissent, et que les plages sont avalées par les flots. Sorti en 2013, le documentaire de Denis Delestrac Le sable, enquête sur une disparition dresse un panorama de ces problèmes que l’auteur attribue en grande partie aux ponctions sauvages effectuées pour approvisionner le secteur du BTP, notamment en Asie et dans la péninsule Arabique [4]. Les entreprises françaises qui interviennent dans ces parties du monde parviennent-elles à échapper à ce trafic ? D ’où vient le sable des usines des centrales à béton que Lafarge détient en Chine ? Comment Vinci et Bouygues s’approvisionnent-elles en granulats pour la construction des infrastructures de la Coupe du monde 2022 au Qatar ? Aucune de ces entreprises n’a donné suite aux sollicitations de Basta ! sur ces questions. La situation française n’a « rien à voir » avec ces régions du monde où l’on pille du sable directement sur les plages, ou à proximité immédiate de la côte, estime Eric Chaumillon. Mais « il faut rester prudent, le système côtier français étant globalement déficitaire ».

Du recyclage plutôt que le pillage de ressources marines ?

Existe-t-il des alternatives à cette extraction massive de sable ? Selon les professionnels du granulat, l’avenir n’est pas en mer, mais sur les plateformes de recyclage. Chaque année, 100 millions de tonnes de granulats sont récupérées sur les chantiers de déconstruction du BTP. L’essentiel de ces gravats sert aux sous-couches des routes. Mais des recherches sont menées pour tâcher de refaire du béton à partir de ces déchets. Lancé il y a cinq ans, le programme Recybéton a permis de conclure que « les granulats extraits de béton recyclé présentent un vrai intérêt technique, en plus de l’évident intérêt environnemental », indique François Jacquemot, pilote des travaux de recherches sur les bétons à plus faibles impacts environnementaux au Centre d’études et de recherche de l’industrie du béton (Cerib). Problème : l’absence d’intérêt économique. « Les granulats recyclés ne sont pas moins chers que les granulats neufs. Ce n’est pas incitatif. » Une entreprise comme Lafarge, deuxième producteur mondial de granulats et quatrième producteur de béton prêt à l’emploi, ambitionne de fabriquer 20 % de son béton avec des matériaux réutilisés ou recyclés. Mais pour le moment, elle en est à 0,3 %, et reconnaît que le déploiement à grande échelle « reste un challenge » [5].

Grand consommateur de granulats via son activité de BTP et de construction de routes, le secteur public n’est pas particulièrement exemplaire. Les cahiers des charges exigeant un minimum de béton recyclé ou imposant des bâtiments dans lesquels on peut facilement récupérer le béton en fin de vie, n’existent pas ! « Il pourrait aussi y avoir des incitations financières via la taxe sur la partie décharge des chantiers de déconstruction, afin d’encourager à s’orienter vers le recyclage », souligne François Jacquemot. « Il y a un vrai travail de sensibilisation à mener du côté des maîtres d’ouvrage, qui pensent trop souvent que le béton recyclé est de moins bonne qualité », complète Mathieu Hiblot. « Il faudrait aussi revoir certaines normes de conctruction qui freinent voire empêchent l’utilisation de béton recyclé. »

Côté alternatives, il y a aussi les constructions qui se passent de béton. La terre, le bois et la paille sont des matériaux qui ont largement fait leurs preuves et qui présentent des bilans environnementaux bien meilleurs que le béton. Quelques maîtres d’ouvrages publics se sont lancés dans ce type de constructions, mais ils sont encore trop peu nombreux. Pour réduire la pression sur les granulats, il faudrait que les matériaux bio-sourcés cessent d’être ignorés dans les écoles spécialisées – IUT, CFA, écoles d’ingénieurs et d’architecture. On pourrait enfin, comme le suggère l’un des interlocuteurs du documentaire de Denis Delestrac, « oublier notre manie du gigantisme » – qui nous fait construire de plus en plus d’autoroutes, de barrages gigantesques, de tours toujours plus hautes – « pour retourner vers des modes de vie plus simples ».

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Environnement & Écologie : Une bouteille bio dégradable fabriquée avec des algues

Une bouteille qui se décompose aussitôt vide c’est possible ; fabriquée à base d’algues, cette bouteille peut, à l’instar du plastique issu du pétrole s’autodétruire rapidement et ainsi contribuer à la protection de l’environnement.

Un portefeuille très vaste en matière d’innovations écologiques existe. Faut-il pour autant avoir envie que les choses changent.

Stéphane Guibert / Finalscape / VK

>>>Voir aussi<<<

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Environnement : Des lombrics pour épurer les eaux usées d’un immeuble genevois


Le circuit d’épuration de l’eau dans cet immeuble genevois. [DR – RTS]

Pour la première fois, un système de « lombri-compostage » est installé dans un immeuble à Genève. Des milliers de lombrics absorbent les eaux usées et les recyclent en eau, sels minéraux et chaleur.

Déjà testé par le passé dans des maisons individuelles, ce système innovant a été installé sous la terrasse d’un immeuble coopératif de 38 logements. Un système de bacs de paille qui voit s’activer 300 kg de lombrics en permanence.

Pour permettre au concept de fonctionner, le bâtiment a été divisé en deux circuits: un circuit pour les « eaux grises » et un pour les « eaux noires ». « Les eaux noires, ce sont les WC, les chasses d’eau, l’urine et les papiers », explique dans le 19h30 de la RTS l’architecte Stéphane Fuchs. « Et les eaux grises, ce sont surtout les cuisines, les buanderies et les douches. »

Sous la terrasse, deux filtres végétaux remplis de vers font office de station d’épuration des eaux – un pour les « eaux grises », l’autre pour les « eaux noires ». L’eau passe par un amas de gravier, puis, une fois épurée, est récupérée dans une citerne. Elle est alors réinjectée dans le circuit pour l’arrosage et l’eau des toilettes, alors que le surplus part dans le réseau public.

Des produits inoffensifs pour les lombrics

Ce concept pionnier basé sur le « lombriccompostage » implique au quotidien l’usage de produits inoffensifs pour les vers de terre par les résidents de l’immeuble.

« Nous utilisons des produits biodégradables que nous achetons en gros, ce qui nous permet en mutualisant les commandes d’avoir des produits de meilleure qualité que les produits classiques », raconte Olivier, habitant de l’immeuble.

Ce projet a nécessité un investissement d’environ 300’000 francs, financé par les résidents. La qualité de l’eau est régulièrement contrôlée pour correspondre aux normes du canton. D’autres projets similaires sont actuellement à l’étude à Genève.

Source : Radio Télévision Suisse

 

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Environnement : Si on continue comme ça, il n’y aura plus d’enfants !

« Si on continue comme ça, il n’y aura plus d’enfants ! On ne laissera aucune planète à personne parce que de la façon dont on s’y prend à tout détruire, à tout tuer, les générations futures, je ne sais pas du tout quelle va être leur chance. »

C’est sur ce constat quelque peu défaitiste mais oh combien réaliste que Pierre Rabhi nous dévoile son opinion sur l’avenir de notre maison, la terre.

Stéphane Guibert / Finalscape / VK

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