Le mondial qui tue, des chantiers pharaoniques et des conditions de travail désastreuses.
Pour Sarhane Saadi (Fédération arabe des droits de l’homme) :
« Ils vivent dans des conditions déplorables. Pour nous c’est carrément une forme moderne d’esclavage. Ils vivent dans des containers et vous savez très bien, en été comme en hiver il fait très chaud au Qatar. Ils sont privés de leur passeport. »
Le Qatar n’a reconnu jusqu’ici la mort que d’un seul ouvrier mais le bilan serait bien plus dramatique.
Selon Sura Salaam (Fédération arabe des droits de l’homme) :
« Le problème aujourd’hui, c’est qu’il y a des morts tous les jours. On estime à 7’000 le nombre de décès jusqu’en 2022. Cela équivaut à 100 morts par match que comptera le tournoi. »
Une situation dont la FIFA est déjà consciente mais cherche à rassurer et dans un communiqué de cette dernière parut le 31 mars 2016 :
« La FIFA est consciente de la situation des conditions de travail et sait qu’elle doit les améliorer en collaboration avec ses partenaires dans le pays. »
La vérité de l’état c’est la vérité même quand c’est un mensonge et la vérité des citoyens, c’est un mensonge même quand c’est la vérité.
Yann Moix
C’est par un texte coup de poing que Yann Moix a répondu au Préfet du Pas-de-Calais ce jeudi 1er février dans Marianne. «Monsieur le “Préfet”, J’ai lu votre lettre. Vos récriminations condescendantes à mon endroit sont aussi méprisables que vos menaces téléphoniques à l’égard de mon producteur.» Voilà comment débute la missive adressée à celui qui a tenté de minimiser les violences policières envers les migrants suite à la lettre ouverte de l’écrivain à Emmanuel Macron. Parue dans Libération le lundi 22 janvier cette lettre accusait le président de la République d’avoir instauré un «protocole de la bavure» à Calais, avec une vidéo-preuve à l’appui.
Et à l’auteur de Naissance de poursuivre :
«Je tiens cependant à vous remercier. En effet, je trouve en vous l’avocat le plus inattendu auprès des exilés victimes des gravissimes exactions policières perpétrées à Calais sous votre responsabilité. Car pas une seule fois, dans votre “réponse” à une tribune qui ne vous était pas adressée, vous ne me démentez. Je persiste et je signe.»
Violences policières face aux migrants de Calais, le témoignage de Yann Moix.
Témoignage vidéo de l’écrivain Yann Moix, qui tourne à Calais un documentaire sur le traitement des migrants. Ce film intitulé Re-Calais (production Hikari) sera diffusé sur Arte en mai.
Immersion dans le monde cruel des enfants ré-adoptés aux États-Unis.
Si un enfant ne convient pas à ses parents adoptifs, ils peuvent s’en débarrasser en toute légalité.
Michael se prépare à quitter sa famille adoptive, qui a décidé de se débarrasser de lui au bout de 6 ans. Un enfant sur 5 est ainsi ré-abandonné par ses parents. La plupart vit dans l’angoisse permanente comme Sam, qui a déjà connu 2 familles adoptives.
C’est sans compter la maltraitance exercée sur les enfants dans notre société dite civilisée.
Depuis des années, les parents chinois doivent faire face à une éventualité atroce : voir leur enfant enlevé pour être vendu dans un vaste trafic. Ce problème insoluble est particulièrement répandu et des dizaines de milliers de nouveau-nés disparaissent chaque année.
Le savoir-faire qui s’est développé autour de la traite des enfants – impliquant la police, les médecins, les infirmières et les hôpitaux – explique l’ampleur du phénomène.
La création d’un faux certificat de naissance, voilà la clef d’un tel enlèvement. Une fois le bébé volé, un intermédiaire vient soudoyer le personnel de l’hôpital pour créer un certificat de naissance qui sera intégré dans les données informatiques de l’établissement ; c’est à ce moment précis qu’ on blanchit efficacement toute l’action, l’identité de l’enfant est transformée et de nouveaux parents peuvent venir le chercher.
Peu importe que l’hôpital soit efficace, certains médecins veulent gagner plus d’argent. – Zhao Dapeng
« Lorsque j’ai obtenu pour vous un certificat de naissance, vous pouvez aller vérifier auprès de l’hôpital. Et si vous pouvez accéder au dossier médical, vous savez que le certificat est bon », explique Zhao Dapeng, 32 ans, qui a participé à ce type d’opérations pendant cinq ans.
Zhao a offert son témoignage à un journaliste de l’hebdomadaire Beijing News, entré en contact avec lui grâce à un informateur. Zhao recevait 100 000 yuans pour un certificat (15 000 euros) qu’il pouvait retirer en deux semaines dans différents hôpitaux ou maternités du pays.
« Peu importe que l’hôpital soit efficace, certains médecins veulent gagner plus d’argent. Leur salaire ne s’élève qu’à 3 000 ou 4 000 yuans [400 à 600 euros] par mois », explique Zhao. Une telle opération rapporte de l’argent aux médecins, aux directeurs des hôpitaux, aux infirmières et à tous les intermédiaires nécessaires pour créer les faux certificats.
Sur la vidéo, passage à tabac de 2 trafiquants après la découverte de cadavres d’enfants conservés dans de la glace.
Palestine : L’ONG israélienne B’Tselem בצלם vient de publier cette vidéo montrant l’arrestation brutale d’enfants palestiniens par des soldats israéliens.
Toujours en première ligne, les enfants paient le prix fort d’un conflit qui s’enlise et s’éternise.
G.S
Et pour rappel : Palestine, Corne d’Afrique, Syrie, quand les enfants payent le lourd tribut.
Abdullah Dwaik, 12 ans, était en route vers la maison de ses grands-parents à Hébron au début de l’année, lorsqu’il est tombé sur une scène chaotique de soldats israéliens arrêtant d’autres enfants qui ont fini avec Dwaik, yeux bandés et menottés sur une base de l’armée israélienne.
« J’ai continué à marcher, mais ensuite j’ai vu des soldats devant moi et derrière moi, puis un groupe de soldats est sorti de leurs jeeps », a déclaré Dwaik dans une interview de Christian Peacemakers Team (CPT), une collection d’internationaux. qui se portent volontaires pour surveiller les violations des droits de l’homme en Cisjordanie.
Dans un enregistrement de l’interview, la vidéo coupe entre Dwaik racontant les événements du 13 octobre 2017 et des photos de soldats détenant à la hâte les mineurs. Au début, les enfants sont rassemblés dans les rues non pavées d’Hébron. Les soldats les amènent à un poste de contrôle voisin. Le CPT a identifié le poste comme : point de contrôle 56, une traversée de l’armée israélienne qui divise Hébron en deux où une partie est placée sous le contrôle sécuritaire du gouvernement palestinien et une partie est sous la juridiction de l’armée israélienne.
Des images plus récentes montrent des soldats qui enferment rapidement les mineurs à l’intérieur d’une cage métallique située au poste de contrôle.
Une foule se rassemble et la prise suivante montre une trentaine de soldats, des journalistes et des passants palestiniens se trouvent dans la zone. La scène est assez calme pour que les soldats ne semblent pas faire attention aux spectateurs et aux journalistes.
Dans un rapport d’incident quotidien compilé par le gouvernement palestinien, l’événement a été enregistré alors que « les forces israéliennes avaient attaqué la ville d’Hébron », sans noter que des enfants avaient été arrêtés.
Les détails exacts de ce qui s’est passé lorsque Dwaik a été détenu ne sont pas expliqués. Sa narration est épissée entre les tirs des enfants palestiniens dans et autour de la cage: « Les soldats nous ont traînés au poste de contrôle puis à la base militaire. Ils nous ont battus et ensuite ils nous ont menottés et nous ont bandé les yeux « , a déclaré Dwaik.
Ensuite, il explique que lui et les autres ont été détenus pendant trois heures dans une base de l’armée à Hébron avant d’être libérés:
« Tous sont entrés, presque dix soldats. Les soldats ont frappé les 18 d’entre nous. Ils nous ont frappés fort et ont frappé certains des autres garçons et d’autres ont été touchés dans les yeux. Certains des garçons ne pouvaient pas voir ou marcher. Ils ont frappé un garçon de dix ans et l’ont jeté par terre et ils lui ont dit que s’ils le revoyaient, il serait arrêté. Ils nous ont menacés et ont dit qu’ils nous arrêteraient à nouveau et qu’ils démoliraient notre maison. Ils m’ont pris et m’ont interrogé et m’ont demandé de donner les noms d’autres garçons. J’ai dit que je ne sais pas et ils ont commencé à me menacer. Et m’a dit de leur dire que je pourrais être relâché sans danger ou qu’ils arrêteraient mon père. J’avais peur et j’aurais aimé que ma famille soit avec moi. Ofer, le colon, a été autorisé à être à l’intérieur avec nous et nous a regardé. «
Il n’est pas une journée sans que des hommes, des femmes ou des enfants palestiniens soient torturés dans les centres d’interrogatoire et les prisons d’Israel, mais aussi dans leur vie quotidienne.
Les rapports d’associations, y compris israéliennes, de juristes internationaux, d’ONG comme l’UNICEF ou l’ACAT, se suivent et se ressemblent sur leur caractère systématique et sur leur variété : coups, privation de sommeil, de WC, de douches, de vêtements propres, positions douloureuses, viols et menaces de viol, séances d’interrogatoire qui peuvent durer jusqu’à 75 jours pour les Palestiniens (règles qui n’existent pas pour les juifs arrêtés ou détenus), confinement solitaire pendant des semaines, des mois, voire des années, cellules insalubres, glaciales ou étouffantes, fouilles à nu la nuit, non traitement des malades, privation de visites, et d’études, … mais aussi démolitions des maisons familiales, arrestations avec des chiens d’attaque, non restitution des corps des victimes palestiniennes. L’imagination de l’occupant israélien est fertile quand il s’agit de torturer toute une population.
Témoignage de Alaa, 14 ans, arrêté le 21 novembre 2015
« Soudainement, les soldats m’ont attrapé vers la porte de ma maison. Ils m’ont ensuite emmené au bureau d’interrogatoire à Etzion. Pendant l’interrogatoire, ils m’ont accusé de jet de pierres, j’ai tout nié. L’interrogateur m’a dit : On va déchirer tous tes livres et on va t’empêcher de lire. Je lui ai répondu que non et que je voulais lire, puis, il a commencé à m’insulter et à me frapper.
Le lendemain de mon arrivée à Ofer, ils m’ont amené devant un juge. Ils nous réveillaient à 5 heures du matin pour aller au tribunal et ils nous ramenaient à la prison vers 11 heures.
Quatre soldats qui m’ont arrêté ont dit à l’enquêteur qu’ils m’avaient vu jeter des pierres. Ensuite, à la cour militaire d’Ofer, j’ai eu 7 audiences. C’est au bout de la septième audience que j’ai demandé une négociation de ma peine. J’étais fatigué de faire des aller-retour entre la prison et le tribunal. J’ai demandé à l’avocat de négocier la peine car quatre soldats m’accusaient. L’avocat a essayé d’ajourner le procès pour pouvoir négocier la peine. Ils voulaient me donner 8 mois mais je n’ai eu finalement que 2 mois de prison.
Témoignages de deux mineurs palestiniens violentés lors de leur arrestation.
Plateforme Palestine La case Prison (Bande annonce)
Plateforme Palestine La case Prison (Documentaire)
« Palestine : la case prison » est un documentaire de Franck Salomé sur la situation des prisonniers politiques et d’opinion palestiniens au regard du droit international.
A travers des interviews d’anciens détenus et de leurs familles, ainsi que de juristes palestiniens, israéliens et internationaux et d’anciens soldats israéliens, le documentaire montre l’utilisation systématique par l’armée israélienne de la prison comme arme de répression contre la lutte des Palestiniens pour leurs droits et pour la création d’un Etat palestinien viable et indépendant. Les Palestiniens emprisonnés le sont pour des motifs politiques.
L’épuration ethnique dont est victime cette minorité musulmane ne se limite pas à des maisons brûlées.
Des observateurs de l’ONU ont vu des dizaines de victimes de viols et de viols en réunion parmi les Rohingyas ayant fui les violences en Birmanie. (Dimanche 24 septembre 2017) Image: AFP
Shamila serre si fort la main de sa fille qu’elle en devient toute blanche en racontant comment des soldats l’ont violée tour à tour devant ses enfants en Birmanie. Un récit semblable à tant d’autres dans les camps de réfugiés du Bangladesh. Des observateurs de l’ONU expliquent qu’ils ont vu des dizaines de victimes de viols et de viols en réunion parmi les Rohingyas ayant fui les violences ces dernières semaines en Birmanie.
Sommet de l’iceberg
Presque toutes ont déclaré que les auteurs étaient des soldats de l’armée birmane. D’après les spécialistes, il s’agit très vraisemblablement du sommet de l’iceberg. En raison des stigmates attachés au viol chez cette minorité musulmane conservatrice et des difficultés pour survivre, il est probable qu’un grand nombre de victimes ne se font pas connaître.
Shamila, — ce n’est pas son vrai nom — explique qu’elle saignait encore quand elle est arrivée au Bangladesh après trois jours de marche.
«Les trois soldats m’ont tous violée», dit la jeune femme de 25 ans, les larmes aux yeux, tenant fermement sa fillette de six ans par la main. «Quand ils sont partis, je suis sortie de la maison avec deux de mes enfants et j’ai suivi la foule de gens qui courraient».
Enquête ouverte
Le mari de Shamila était absent au moment de l’attaque et elle ne l’a plus revu. Elle ne sait pas où sont ses trois autres enfants qui jouaient dehors. Quand les soldats en ont eu fini avec elle, ils avaient disparu.
Ce genre d’histoires abonde parmi les réfugiées depuis la dernière éruption de violences le 25 août. Une mission de l’ONU est en train d’enquêter sur les accusations d’abus des droits de l’homme commis en Birmanie, y compris les violences sexuelles.
Des morsures et des bleus
La représentante spéciale de l’ONU sur les violences sexuelles durant les conflits Pramila Patten s’est dite récemment «gravement préoccupée» par la situation. Ces violences sont «utilisées comme outil de terreur pour forcer les populations visées à fuir».
Les Rohingya, minorité apatride, sont traités comme des étrangers dans la Birmanie à très grande minorité bouddhiste. Ces dernières décennies, des centaines de milliers d’entre eux ont fui, mais l’échelle de l’exode actuel est sans précédent.
Les médecins au Bangladesh racontent que les récits des victimes se ressemblent: des soldats ont fait irruption chez elles en l’absence des hommes de la famille et les ont violées devant leurs enfants.
«Attaque coordonnée»
Nourin Tasnupa, qui travaille dans une clinique gérée par l’Organisation internationale pour les migrations de l’ONU (OIM) au camp de réfugiés de Leda, dit que la plupart des victimes qu’elle a eu à soigner ont été frappées avant d’être violées.
Elle raconte avoir vu des femmes présentant des bleus et des traces de morsures sur les seins et les parties génitales. Elle se fonde sur l’expérience du dernier accès de violences en Etat Rakhine (ouest de la Birmanie) en octobre 2016 pour juger que nombre de femmes restent silencieuses. «Les gens ne veulent pas partager ces incidents même avec leurs proches», dit-elle à l’AFP.
Human Rights Watch avait alors estimé que les violences sexuelles «entraient dans le cadre d’une attaque coordonnée et systématique contre les Rohinghyas».
Opportunisme
Aujourd’hui, les victimes de viols semblent moins nombreuses, selon les experts de l’ONU qui soulignent cependant qu’en raison du chaos ambiant, l’ampleur véritable du fléau est impossible à déterminer.
«En ce moment, c’est le combat pour la survie», déclare Irine Loria, chargée des violences sexistes à l’OMI. Elle dit que cette fois-ci, les viols semblent être différents par nature, plus opportunistes.
«Avant, le viol semblait être un outil. Les gens étaient mis nus en public, humiliés», explique-t-elle. «Cette fois, on dirait que le but c’est de les chasser le plus vite possible». Le témoignage d’Ayesha, 20 ans, semble conforter cette version des faits. La jeune femme s’est rendue à la clinique de Leda une semaine après son arrivée au Bangladesh.
Maison incendiée
Quand les soldats sont arrivés dans son village de la commune de Buthidaung, dans le nord de Rakhine, ses voisins ont pris la fuite, raconte Ayesha, dont le prénom a également été modifié.
«Ils sont venus à 8 heures du matin et ont commencé à incendier les maisons. Les gens fuyaient, mais il fallait que je m’occupe de mon enfant».
Cinq militaires sont entrés chez elle. L’un l’a violée sous le regard des autres. Son mari avait déjà fui à cause des rumeurs sur le fait que les soldats allaient s’emparer des hommes. Elle ne l’a pas revu, mais elle a entendu qu’il avait réussi à gagner le Bangladesh. Elle espère qu’ils se retrouveront bientôt. (afp/nxp)
Les Rohingyas victimes d’un nettoyage ethnique !
Rapports et images satellites
«Nous avons reçu de multiples rapports et des images satellites montrant des forces de sécurité et des milices locales brûlant des villages rohingyas, et des informations cohérentes faisant état d’exécutions extrajudiciaires, y compris de tirs sur des civils en fuite», a ajouté Zeid Ra’ad Al Hussein. Des témoignages en ce sens ont également été recueillis par l’AFP. Il a appelé le gouvernement birman à «mettre un terme à son opération militaire cruelle» et aux «discriminations généralisées» dont souffrent les Rohingyas.
Le dalaï lama, leader spirituel des Tibétains, admiré par Aung San Suu Kyi, l’a appelée à faire régner «un esprit de paix et de réconciliation» dans son pays, dans une lettre que l’AFP a pu lire. La prix Nobel de la paix est très critiquée sur la scène internationale pour sa retenue et sa froideur sur ce sujet. Son rôle n’est pas facilité par la grande autonomie de l’armée, dirigée par des anciens responsables de la junte autodissoute en 2011, qui reste toute puissante dans cette zone de conflit.
Dimanche soir, la police a dû intervenir dans le centre du pays, à plus de 90% bouddhiste, pour disperser une foule de 400 personnes jetant des pierres sur une boucherie musulmane, premières violences intercommunautaires suscitées par les attaques de la rébellion musulmane rohingya fin août.
En 2012, de violents affrontements avaient éclaté dans le pays entre bouddhistes et musulmans faisant près de 200 morts, principalement des musulmans. Les violences anti-musulmans étaient alors souvent parties de foules bouddhistes en colère. Considérés comme des étrangers en Birmanie, les Rohingyas sont victimes de multiples discriminations – travail forcé, extorsion, restrictions à la liberté de mouvement, règles de mariage injustes et confiscation des terres. (afp/nxp)
En France, il existe aujourd’hui près de 100’000 cas d’enfants en danger.
Parmi eux, près de 20’000 sont victimes de maltraitance et près de 80’000 sont dans des situations à risque.
44% des enfants maltraités ont moins de 6 ans.
60 % des cas de maltraitance sexuelle ont lieu dans la famille des victimes.
46 % des cas de maltraitance sont imputables aux pères.
25 % des cas de maltraitance sont imputables aux mères.
9 % des cas de maltraitance sont imputables aux beaux-pères.
600 à 700 décès sont imputables à de mauvais traitements infligés par les parents.
Plus d’un Français sur dix déclare en avoir été victime et, quand ils sont témoins, ils ne savent pas comment agir. L’association l’Enfant bleu, qui publie ces résultats aujourd’hui, veut briser le tabou.
C’est un ouvrier au chômage qui se présente à la barre du tribunal, un couple que la télé montre, sortant d’une HLM, le visage dissimulé sous une couverture, menotté entre deux gendarmes… La maltraitance des enfants, une affaire qui ne concernerait que les gens de peu ? Eh bien, non ! C’est ce que révèle un sondage choc réalisé par l’association l’Enfant bleu et que nous dévoilons. Le fléau concerne tout le monde.
14 % en ont souffert. « Plus d’un Français sur 10 déclare ainsi avoir été victime de maltraitances de la part d’un adulte au cours de son enfance. » Le constat fait d’autant plus froid dans le dos que la plupart n’ont jamais pu se délivrer de ce terrible secret : ainsi, parmi ces Français qui disent avoir été « victimes » de maltraitances, physiques, sexuelles et psychologiques.
60 % n’en ont parlé à personne. « Nous-mêmes, nous avons été effarés par ce chiffre, s’inquiète Michel Martzloff, secrétaire général de l’Enfant bleu. C’est dire combien il est urgent de briser le tabou, combien il est aussi urgent d’améliorer le repérage des enfants concernés car, plus tôt on détecte la maltraitance, plus l’enfant a des chances de s’en sortir », poursuit-il.
Pour 88 %, tous les milieux sont concernés. Les Français, eux-mêmes, appellent à la mobilisation, face à un phénomène qu’ils qualifient d’« ignoble », d’« inadmissible ». Pour 61 % d’entre eux, lutter contre la maltraitance des enfants est ainsi une cause « hautement prioritaire », avant même le combat contre les violences faites aux femmes et les discriminations. C’est qu’ils sont bien conscients qu’aucun milieu n’est épargné : 88 % estiment ainsi que la maltraitance touche « tous les milieux sociaux ». D’ailleurs, ils sont visiblement nombreux à s’être déjà posé des questions à propos d’un enfant qu’ils côtoyaient.
45 % soupçonnent un cas dans leur entourage. Qu’il s’agisse de la famille, des voisins, d’amis, c’est là l’autre chiffre choc de cette enquête. Mais que faire et comment ? « Lorsqu’il s’agit d’alerter, ils sont perdus », relève Michel Martzloff. Peur de se tromper, de faire du tort à la famille en cause : 39 % ont alors le réflexe premier — et désastreux — de s’adresser aux adultes qui s’occupent de l’enfant, autrement dit à l’agresseur présumé… Seulement 12 % préviennent les services sociaux, 5 % la police et 1 %… le 119. « Aucun interlocuteur de confiance ne se dégage. Du coup, on tergiverse, on laisse filer. Désastreux pour les enfants », s’alarme Michel Martzloff.
L’erreur que font beaucoup de parents, c’est de voir leurs enfants au travers de leur propres yeux sans tenir compte du fait que l’enfant est un être à part entière, il construit son avenir avec ses rêves, ses illusions, ses espoirs, ses motivations. Les parents doivent être un levier leur permettant l’accomplissement de leur être et non un tuteur rigide et égoïste.
2’150 enfants Réunionais arrachés à leurs familles !
Entre 1963 et 1982, ils sont envoyés en métropole dans des zones dépeuplées, un exil forcé, orchestré par Michel Debré alors député de l’île de la réunion, il décide de résoudre l’exode rural que connaît la métropole en transférant des enfants de l’île vers les campagnes dépeuplées.
Bernées par une vaste tromperie, les familles placent leurs enfants.
L’Etat promet aux enfants un avenir meilleur, des études …
Les parents pensent les revoir, mais c’est en réalité un aller simple vers la métropole. A leur arrivée, ils sont déclarés pupilles de l’état et ils ne les reverront jamais.
Le programme ne sera arrêté qu’en 1982 sous le gouvernement Mitterand et c’est en février 2014 que l’assemblée reconnaît la responsabilité morale de la France dans cette affaire.