Histoire & Réalités : Le massacre des Amérindiens

L’un des plus grands génocides de l’histoire de l’humanité et pire encore celui-ci continue tranquillement.

Les amérindiens sont parqués principalement dans des zoos réserves au états-unis d’Amérique.

Le cinéma des années soixante en a fait des barbares sauvages qui agressaient les pauvres colons esseulé dans leurs forts… ce qui est assez loin de la réalité historique. Aujourd’hui leur seul droit est de conserver le silence.

Avant l’arrivée des colons, huit millions d’Amérindiens vivaient parmi soixante millions de bisons (Carl et Lewis traverseront des troupeaux s’étendant sur plus de 20 kilomètres) et deux millions de loups sur un espace de 9.364.000km carré, actuel Etats-Unis d’Amérique.. Soit six bisons par km carré, un homme par 2 km carré et un loup par 5 km carré.

Et de nos jours :
Quelque centaine d’amérindiens
Quelques milliers de loups (traqué sans cesse)
Dix mille bisons

S’il est certain et reconnu que les maladies intégrées involontairement par les colons en Amérique causèrent la majeure partie des morts amérindiens, le regroupement, la déportation et l’exécution de tribus entières, qui ne figurent dans aucun manuel d’histoire, est responsable d’un nombre de morts ahurissants, oubliés.

Les Anglo-saxons n’ont jamais pensé que les Amérindiens pouvaient être « utilisables ». Ils les considéraient comme des adorateurs de Satan, des sauvages qui ne pouvaient pas trouver de salut au sein de la toute puissante Eglise, aussi leur extermination pure et simple, fut adoptée, petit à petit, « comme la seule politique acceptable ».

David E. Stannard écrivait « des milliers d’Indiens furent assassinés, sans relâche, escarmouche après escarmouche. Des centaines d’autres furent aussi assassinés au cours d’empoisonnements de masse, planifiés avec une habileté et une traîtrise ignoble. Un grand nombre d’amérindiens furent capturés au cours de véritables battues, à l’aide de chiens de meute et des Mastiff. »

Les bisons sont massacrés pour leurs fourrures et pour priver les amérindiens de leurs principales sources de nourriture.

Jusque dans les années 1830-1840, l’Ouest des Etats-Unis demeure le domaine des Indiens. L’honteuse déportation des tribus amérindiennes de l’Est par les troupes américaines vers le « Territoire indien » (une bande de terre au centre des USA « accordée » aux amérindiens) marque le peu d’intérêt que les colons européens portent à cette région jugée trop aride pour être cultivé.

Tout change en 1848 avec la découverte de l’or en Californie (où là aussi de nombreuses tribus vont disparaître, exterminées pour la folie de profit des colons).

Depuis les grandes villes de la côte Est des USA, des dizaines de milliers de colons vont s’élancer vers l’Ouest. S’en suivront de nombreux accrochages avec les peuples amérindiens qui habitaient les grandes plaines des Etats-Unis. Ces accrochages vont se transformer en de véritables guerres avec l’envoi des troupes américaines, envoyées par le Congrès américain pour protéger l’avancée de leurs colons.

Ces guerres vont se terminer en 1890 par un triste et célèbre massacre : Le massacre de Wounded Knee, où plus de trois cents Sioux-Lakotas désarmés vont être massacré par les mitrailleuses Hotchkiss du 7e régiment de Cavalerie. Les morts (hommes, femmes et enfants) dépouillés de leurs vêtements, sont jetés dans une fosse commune.

S’il est vrai qu’aucun des camps n’eut jamais le monopole de la terreur et des crimes, une simple comparaison des pertes subites par chacun des deux « camps » suffit à comprendre l’ampleur du désastre.
Le génocide culturel, qui s’accompagne par la disparition total des rites indiens, est lui reconnu de tous.

La vidéo qui suit est très intéressante, elle vous donne en image et en musique un résumé de ce qui est écrit ci dessus et vous propose une très bonne leçon d’histoire accessible à tous.

A voir absolument.

Stéphane Guibert / Finalscape / VK

 

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Histoire : Mai 68, nous irons jusqu’au bout et 50 ans plus tard, en 2018 ça sera un siècle de régression sociale !

>>>Source de l’image<<<

Nuit debout, Association du 14 juillet, La Résistance … Où êtes-vous ?

En 68, pas d’Internet, pas de réseaux sociaux, pas de portables, pourtant ça a bougé et pas rien qu’un peut ! Les gens étaient-ils plus éveillés, plus intelligents, plus guerriers ?

50 ans après, c’est près d’un siècle d’acquis sociaux pour lesquels parents et grands-parents se sont battus parfois au prix de leur propre vie et qui en l’espace d’un quinquennat ont fondu comme neige au soleil.

Que c’est-il passé ?

Pourquoi le peuple c’est-il donc laissé tondre aussi facilement, pourquoi c’est-il donc laissé « Sodominer » sans réagir ou presque ?

Je vous propose dans la rubrique « Histoire et Instruction » un petit retour en arrière sur ce qu’a été cette page historique de la France.

Stéphane Guibert / Finalscape / VK

Mai 1968 Le retour de la démocratie

Mai 68, l’équipe de Continents sans visa, emmenée par Alain Tanner et Jean-Pierre Goretta est à Paris pour rencontrer cette jeunesse estudiantine, à l’origine du mouvement de protestation contre le pouvoir gaullien et la bourgeoisie.

Le mal-être d’une France pourtant prospère éclate aussi dans les usines occupées par les ouvriers. Mais l’union des travailleurs et des étudiants ne se fait pas, notamment en raison des accords de Grenelle, négociés les 25 et 26 mai, qui améliorent la condition des ouvriers.

Une grande manifestation sur les Champs-Élysées à l’appel de la droite, la dissolution de l’Assemblée nationale et le triomphe des gaullistes aux élections anticipées le 30 juin mettront un terme à la crise politique.

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L’Union Européenne un projet Nazi remis au goût du jour

L’histoire pour autant que l’on veuille bien s’y pencher un peut nous apprend bien des choses sur notre passé, notre présent mais aussi et surtout sur notre avenir et à plus forte raison lorsqu’il s’agit d’Europe et plus particulièrement de cette sacro-sainte Union Européenne.

Les Faits :

L’Union Européenne est un projet fasciste qui a été pensé par des Nazis comme Walter Hallstein qui a été le premier président de la commission Européenne. Walter Hallstein était un dignitaire Nazi qui avait rédigé à la demande de Hitler un plan pour une nouvelle Europe qui se trouve être l’Europe d’aujourd’hui.

Qui était Walter Hallstein ?

Hallstein était un juriste Allemand sous le régime Nazi qui d’ailleurs avait été professeur et doyen à l‘université de Rostock en 1936 alors âgé de 34 ans après avoir montré patte blanche aux autorités Nazies.

En 1938, lorsque Hitler c’était rendu en Italie, il était tombé d’accord avec Mussolini pour bâtir un projet de nouvelle Europe « Das Neue Europa ». Au mois de juin 1938, Adolph Hitler avait demandé à Walter Hallstein de préparer le projet de construction Européenne.

Walter Hallstein qui était officier Nazi a été arrêté en 1944 à la fin de la seconde guerre mondiale après la bataille de Cherbourg. Il a ensuite été recyclé par les autorités américaines.

En 1951 on retrouve Walter Hallstein dans l’entourage immédiat de Konrad Adenauer et devient le secrétaire d’état aux affaires étrangères du gouvernement Adenauer en Allemagne. C’est lui qui va préparer le projet de cette nouvelle Europe à partir des plans qu’il avait préparé pour Hitler et Mussolini et c’est ce qui va donner le traité de Rome qui sera signé le 25 mars 1957.

Il fut ensuite le premier président de la commission européenne de 1958 à 1967 (Commission Hallstein) et dans le cadre de cette commission, il présente en 1965, un plan qui prépare l’organisation d’une Europe fédérale.

Photo : Konrad Adenauer & Walter Hallstein lors de la signature du traité de Rome en 1957

Walter Hallstein a ensuite été le promoteur du « plan Hallstein » en 1965 qui prévoyait une Europe fédérale, la même Europe que l’on connait aujourd’hui et c’est justement ce plan Hallstein qui avait motivé le général Charles De Gaule à dire Stop et à ne plus envoyer aucun représentant à la commission Européenne à Bruxelles, pratiquant ainsi la politique de la chaise vide car il savait parfaitement à quoi s’en tenir concernant Walter Hallstein, un Nazi recyclé par les américains afin de détruire les nations d’Europe et les placer sous l’autorité d’un empire dictatorial.

Le document qui suit vous relate ce que vous venez de lire et j’ai pris soin d’y ajouter l’extrait d’une allocution du président Charles De Gaulle qui avait vu venir ce qui se passe aujourd’hui ainsi que du président Jacques Chirac aux élections Européennes de 1979 ou il dénonçait « cette Europe non européenne dominée par les intérêts germano-américains » sans être interdit de grands médias ni se faire traiter de « conspirationniste ».

Intervenants : Etienne Chouard & François Asselineau

Stéphane Guibert / Finalscape / VK

 

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L’image du jour : Pièce commémorative de la fin de la grande dépression de 1929

1932, soit 7 ans avant le début de la seconde guerre mondiale (1939 -1945)

L’eil des sectes sataniques, la Croix-Gammée qui sera le Symbole d’une partie en conflit apposée sur l’Etoile de David entre autres signes évidents.

Tout le monde connait la connivence entre les sionistes (auto-proclamé juifs) et les Nazis, mais que cela soit gravé et affiché aussi explicitement risque d’en déconcerter plus d’un !

Texte :

Saphir Abdelmajid

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Ce que l’histoire ne retient pas : Des milliers d’enfants réunionnais ont été forcés à l’exil par l’Etat français.

2’150 enfants Réunionais arrachés à leurs familles !

Entre 1963 et 1982, ils sont envoyés en métropole dans des zones dépeuplées, un exil forcé, orchestré par Michel Debré alors député de l’île de la réunion, il décide de résoudre l’exode rural que connaît la métropole en transférant des enfants de l’île vers les campagnes dépeuplées.

Bernées par une vaste tromperie, les familles placent leurs enfants.

L’Etat promet aux enfants un avenir meilleur, des études …

Les parents pensent les revoir, mais c’est en réalité un aller simple vers la métropole. A leur arrivée, ils sont déclarés pupilles de l’état et ils ne les reverront jamais.

Beaucoup se retrouvent en Creuse, ils sont accueillis au foyer de Guéret. Ils sont ensuite triés et placés dans des familles d’accueil. Pour beaucoup, la descente aux enfers commence.

Beaucoup de garçons se retrouvent à la ferme.

Le programme ne sera arrêté qu’en 1982 sous le gouvernement Mitterand et c’est en février 2014 que l’assemblée reconnaît la responsabilité morale de la France dans cette affaire.

Document vidéo signé France Ô (Témoignages)

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Suisse : Fête nationale, les origines du 1er août

Suisse : Fête nationale Suisse, les origines du 1er. août

  • Pourquoi le 1er. août ?

C’est en référence à un vieux parchemin conservé au musée des chartes à Schwytz, le fameux pacte fédéral de 1291 dont le texte en latin stipule « Initio Augusto« , soit : début août. Même si de nombreux historiens relativisent l’importance qu’on lui accorde aujourd’hui, ce document fait partie avec le serment du Grütli, des récits fondateurs de la Suisse que l’on apprend dès son plus jeune âge.

  • Qui a choisi cette date pour la fête nationale ?

Le conseil fédéral en 1889. Bernhard Hammer et Gottieb  Ringier  respectivement chanceliers et présidents de la confédération adressent un message aux chambres concernant l’organisation d’une fête en mémoire de la fondation de la confédération; une fête afin de dépasser les conflits internes et éveiller le sentiment patriotique, tel est l’objectif du gouvernement en cette fin du 19ème siècle.

  • Quand a eu lieu la première fête nationale ?

Le 1er août 1891. On fête en grandes pompes les 600 ans du pacte fédéral et également les 700 ans de Berne. Salves d’artillerie, cortèges, discours patriotiques résonnent dans tout le pays mais ce n’est qu’à partir de 1899 que l’on se met à célébrer le 1er. août annuellement sur décision du conseil fédéral

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Histoire : USA, Cette carte des tribus indiennes est absente des livres d’histoire

Un oubli figure dans les livres d’école, et pas des moindres. La carte des différents territoires amérindiens, avant la fondation des États-Unis.

La plupart des enfants américains connaissent les 50 États qui forment leur pays, les États-Unis. L’école les leur enseigne très tôt. Ce que les livres d’histoire occultent, ce sont les origines de ce territoire : le récit des 20 millions d’indiens d’Amérique, pour beaucoup aujourd’hui disparus. Voici quelques faits peu connus qui devraient figurer dans tous les livres d’histoire.

Les natifs américains étaient plus de 20 millions il y a des siècles, dispersés dans plus de 1 000 tribus, peuples et groupes ethniques. Ils ne représentent aujourd’hui plus que 1,5% de la population des États-Unis. La majeure partie de leur histoire a été perdue et le système éducatif n’aide pas davantage à la préserver. Toute la richesse et la complexité de la fondation des États-Unis d’Amérique est oubliée des livres d’histoire.

Les tribus

Le Bureau des Affaires Indiennes dénombrait, en 2016, 566 tribus de natifs américains. Avant l’arrivée des conquistadors, il existait plus de 1000 tribus sur tout le territoire. La moitié a disparu suite à la guerre et aux épidémies amenées par les Européens.

Il n’existe aujourd’hui plus aucune carte d’Amérique du Nord délimitant officiellement les territoires de ces différents clans. Entre le 16e et le 19e siècle, la population des natifs américains est passée de plus de 20 millions d’individus à seulement 250 000. Aujourd’hui, seul 2,9 millions de natifs américains vivent en Amérique du Nord, les plus grands groupes étant les Navajo, les Sioux, les Chippewa, les Apaches, les Blackfeet et les Iroquois.

Les régions

Les natifs américains étaient divisés en 8 régions distinctes dans lesquelles les tribus partageaient des similarités dans leur culture, leur langue, leur religion, leurs traditions et leur politique : la côte du Nord-Ouest, la Californie, le Plateau, le Grand Bassin, le Sud-Ouest, les Plaines, le Sud-Est.

Entre 1776 et 1887, les États-Unis ont saisi plus d’1,5 milliard d’hectares de terres indigènes par traité et ordre exécutif. Une carte interactive, réalisée par l’historien américain Claudio Saunt, montre comment les États-Unis ont progressivement colonisé les terres occupées par les nations indiennes.

Les langues

Avant l’arrivée des Européens, on estime que plus de 1 000 dialectes étaient parlés par les natifs. On compte aujourd’hui 296 langues indigènes en Amérique du Nord classées en 29 familles. Le système d’écriture n’existait pas mais ces langues pouvaient être aussi grammaticalement complexes que le russe ou le latin.

Selon l’UNESCO, la plupart des langues indigènes d’Amérique du Nord sont en danger critique de disparition, et beaucoup d’entre elles sont déjà éteintes. La langue navajo est actuellement la plus parlée aux États-Unis, avec plus de 200 000 locuteurs dans le Sud-Ouest du pays.

Un rappel historique essentiel, pour ne pas que l’existence de ces peuples autochtones tombe dans l’oubli !

Raphaëlle Dormieu

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Pour rappel : La propagande du Crif et de l’ambassade d’Israël contre France 2

Cet article remonte au 18 octobre 2011 mais n’enlève rien au douloureux et épineux problèmes que constitue le conflit israélo-palestinien. (ndlr)

Le 3 octobre, l’émission « Un œil sur la planète » (France 2) s’est attaquée à un épineux dossier : « Un État palestinien est-il encore possible ? ». La réaction des partisans de l’État d’Israël ne s’est pas faite attendre. Le 5 octobre, Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), publiait une véhémente lettre ouverte à l’adresse de Rémy Pfimlin, président de France Télévisions, dénonçant un parti pris anti-israélien, tandis que nombre de journalistes de France 2 recevaient des mails d’insultes, voire des menaces. Le lendemain, une vidéo était mise en ligne sur le site JSSNews, reprise sur celui de l’ambassade d’Israël en France, qui entendait prendre le contrepied de l’émission de France 2. Après un bref rappel des faits, nous tenterons ici de décrypter les « arguments » du Crif et de l’ambassade, en proposant notamment un examen attentif de la « contre-émission » publiée sur le site de l’ambassade d’Israël, et donc cautionnée par l’État d’Israël lui-même.

Pourquoi ? Non pas pour défendre l’émission de France 2, qui pourrait, elle aussi, être soumise à une critique effective. Mais parce que les « arguments » du Crif et la « contre-émission » relayée par l’ambassade permettent de distinguer clairement la critique des médias (précise et rigoureuse) et la propagande (allusive et mensongère) ; la critique qui invite au débat et la propagande qui incite à la censure ; l’analyse critique, voire polémique, de l’information, et la désinformation revêtue des oripeaux de la contre-information. Une pièce supplémentaire à verser au dossier de l’information relative au Proche-Orient, thème duprochain jeudi d’Acrimed (organisé le 20 octobre à Paris).

I. Un bref rappel des faits

« Un État palestinien est-il encore possible ? » Telle était donc la question posée par les équipes d’« Un œil sur la planète ». Cinq reportages ont été diffusés au cours de l’émission – « Un État en marche ? »« Les 1000 visages de Gaza »« Les frontières de la discorde »« Le lobby pro-israélien aux États-Unis » et « Et le droit au retour ? » –, entrecoupés d’interventions du présentateur, Étienne Leenhardt, et d’interviews.

Dès le lendemain, soit le 4 octobre, Richard Prasquier publie un éditorial sur le site du Crif, dans lequel il s’inquiète du « parti pris violemment anti-israélien » de l’émission. Le 5 octobre, il rend publique une lettre ouverte à l’attention de Rémy Pfimlin, dans lequel il affirme ceci : « La recherche de l’objectivité doit être une obligation absolue. C’est exactement ce que l’équipe qui a produit cette émission n’a pas fait. Elle a présenté, d’un conflit complexe, une image caricaturale et unilatérale […] : le florilège de la propagande politique la plus grossière y est passé ».

Plusieurs sites pro-israéliens ont relayé les accusations de Richard Prasquier, souvent de manière plus brutale, tandis que le médiateur et certains journalistes de France 2 recevaient des dizaines, puis des centaines de mails, souvent injurieux, parfois menaçants. « On a assisté à un déferlement de haine contre les journalistes », nous a affirmé Patrick Boitet, rédacteur en chef de l’émission. L’ambassade d’Israël en France a également réagi, par la voix de son porte-parole, Yaron Gamburg, qui a dénoncé un « travail de propagande et de manipulation incitant à la haine raciale ». Rien de moins.

Les journalistes se sont défendus de ces accusations, affirmant avoir accompli leur travail avec rigueur. Le 10 octobre, la Société des journalistes de France 2 a publié un communiqué de « soutien total aux équipes de l’émission « Un œil sur la planète » ». Le Syndicat national des journalistes (SNJ), face aux « menaces proférées contre France 2 et ses journalistes », a défendu un « travail excellent, salué par beaucoup » et mis en ligne une pétition de soutien : « Défendons la liberté de l’information ! », que l’on peut signer sur son site. Le SNJ-CGT, de son côté, a dénoncé« l’intolérable pression sur France 2 », en rappelant que le directeur de l’information de la chaîne s’était déclaré « solidaire des journalistes accusés ». Enfin, la Fédération européenne des journalistes (FEJ) a déclaré, par la voix de sa secrétaire générale, Beth Costa : « Nous condamnons toute forme de menaces à l’encontre de journalistes qui n’ont fait que leur travail, en particulier sur un sujet politiquement sensible comme les relations israélo-palestiniennes ». Parce que la liberté de l’information et de la critique sont incompatibles avec les appels, à peine déguisés, à la censure, Acrimed s’associe à ces protestations.

Le Crif et l’ambassade d’Israël ont néanmoins demandé à rencontrer le président de France Télévisions et le directeur de l’information de France 2 afin, d’après Richard Prasquier, de« discuter de la façon de rétablir la pluralité des opinions à France 2 ». Des « rencontres » qui ressemblent davantage à des convocations, et qui sont tout aussi inacceptables.

II. Défense de la « pluralité des opinions » ou censure ?

Personne ne songe à présenter l’émission de France 2 comme « la » référence journalistique sur la question israélo-palestinienne. En revanche, la violence aveugle des accusations portées contre les reportages diffusés le 3 octobre mérite que l’on s’y arrête : un anti-modèle de critique des médias, aussi engagée que celle-ci puisse être.

Force est de constater que dans un premier temps, les attaques portées contre « Un œil sur la planète » sont des plus floues. Dans son éditorial du 4 octobre, Richard Prasquier concède même qu’il n’a « pu voir que la dernière partie de l’émission » et précise que « la réaction immédiate peut être gravement contre-productive, quand elle reste au niveau des généralités ou, pis encore, quand elle s’appuie sur des informations de seconde main ». On ne saurait mieux dire. Mais dans ce cas, pourquoi s’être empressé de publier un « éditorial » quelques heures après la diffusion de l’émission, sans avoir même pris le temps de visionner l’ensemble des reportages ?

La réponse est fournie dès le lendemain par… Richard Prasquier. En effet, dans sa lettre ouverte à Rémy Pfimlin, il ne fait aucune référence précise à l’émission elle-même [1] et ne conteste aucun des éléments factuels rapportés par les journalistes de France 2. Il se contente de les accuser d’avoir « diffusé une “narration” en sélectionnant les omissions, en distordant les causalités, en ridiculisant l’adversaire, sans éviter les insinuations à la limite des théories conspirationnistes antisémites (le passage scandaleux sur le lobby sioniste aux États-Unis) ». On aurait pu naïvement attendre du président du Crif qu’il fournisse des éléments de preuve : en vain. De même que l’on attend toujours les arguments étayant la thèse de la « manipulation incitant à la haine raciale » dénoncée par l’ambassade…

En réalité, il n’y a rien de surprenant dans ces silences, car le problème est, d’après le président du Crif lui-même, ailleurs :« Ceux qui aiment Israël, qu’ils soient Juifs ou qu’ils ne le soient pas, se sont sentis insultés et humiliés ». En d’autres termes, l’émission de France 2 aurait présenté l’État d’Israël sous un jour défavorable, et ses partisans n’ont pas apprécié. Mais comme les faits relatés par les journalistes ne sont pas démentis, qu’en déduire, sinon que ce qui leur est reproché est précisément de les avoir rapportés ? À moins qu’ils n’aient attribué, de manière caricaturale, toutes les responsabilités des malheurs des Palestiniens au seul État d’Israël. Ce que conteste… Richard Prasquier, dans son éditorial du 4 octobre : « Dans la partie consacrée aux réfugiés palestiniens au Liban, on a pu voir dans quel mépris ils étaient tenus par la population libanaise. Est-ce Israël le responsable ? On a pu voir aussi un vieil homme expliquer qu’il avait quitté son village car les radios arabes lui avaient dit qu’ils allaient chasser les Juifs en quelques jours et qu’il pourrait alors revenir. Ce témoignage valait toutes les pseudo-explications historiques. »

Il est pour le moins paradoxal de contester l’absence de pluralité des points de vue dans une émission en puisant ses arguments dans un reportage qui figurait… dans ladite émission. Ce n’est donc, de l’aveu du président du Crif, ni la véracité des faits, ni l’absence de contrepoint qui est en cause. Mais alors, de quoi s’agit-il ? Ce qui s’exprime ici n’est-il tout simplement pas le refus que certains aspects de la réalité soient rendus publics ? C’est en tout cas l’avis du journaliste Charles Enderlin, qui a publié sur son blog un billet prenant la défense de ses confrères : « Il ne faut rien montrer qui soit défavorable à la politique israélienne d’occupation. Cela s’appelle de la censure et c’est une atteinte intolérable au droit d’informer ». Les accusations du Crif et de l’ambassade n’ont en effet pas grand-chose à voir avec une saine défense de la « pluralité des opinions ». La suite des événements, et notamment le « contre-reportage » mis en ligne sur le site de l’ambassade, le confirment : une œuvre de propagande commanditée par un État, le contraire de toute critique des médias digne de ce nom.

III. « Contre-reportage » ou désinformation ?

« Deux yeux sur leur planète » : tel est le titre de l’émission mise en ligne par le site JSSNews et relayée (et donc cautionnée) par l’ambassade d’Israël (et donc l’État d’Israël) le 6 octobre [2]. Le concepteur-présentateur du programme, Jonathan-Simon Sellem, animateur du site JSSNews, explique la genèse de l’émission :

 

Il était 1 heure du matin, soit juste quelques minutes après la diffusion d’« Un œil sur la planète » sur France 2, le 3 octobre dernier, quand je décidai de mettre en ligne une critique justifiée de l’émission sur JSSNews. Quelques secondes après, je faisais parvenir un message aux responsables de la chaîne de télévision en ligne Infolive.tv. Le message fut bref : « On doit tourner en urgence une contre-émission pour démonter autant que possible les mensonges et le parti pris de France 2 dans cette affaire. Urgent. Rappelez-moi au plus vite. » Au petit matin, nos confrères d’Infolive répondent par l’affirmative : « on s’occupe du studio et de la technique, JSSNews du contenu de l’émission. Carte blanche. » Banco !

 

L’émission dure 53 minutes. Son principe est le suivant : des séquences du programme de France 2 sont diffusées, et des invités les commentent. « Un jeu que chacun a joué parfaitement », selon Jonathan-Simon Sellem, « démontant, argument après argument, toujours avec des sources historiques, objectives, une grande partie de la désinformation mise en scène dans le reportage de France 2 ». Un examen attentif du programme démontre cependant que l’on ne peut guère partager l’enthousiasme de son concepteur-présentateur. Nous sommes en effet loin, bien loin, d’une rigoureuse et précise critique des médias : l’émission s’apparente en réalité, comme on va le voir, à de la pure propagande, générale et péremptoire.

Des généralités, encore et toujours

Le premier invité est Olivier Rafowicz, ancien porte-parole de l’armée israélienne, qui est convié à commenter (et « décrypter ») une séquence de l’émission de France 2 consacrée aux bombardements israéliens sur Gaza en 2008-09 (Rafowicz officiait alors comme porte-parole). Ce qui suit est une retranscription de l’intégralité de son intervention, qui a duré quatre (longues) minutes.

 

Alors, d’abord, c’est pas une émission. C’est un programme… un programme palestinien, anti-israélien, qui a été programmé, qui a été organisé, qui montre un seul côté, qui le montre bien d’ailleurs, avec la volonté de vouloir casser, détruire, presque anéantir, l’image de l’État d’Israël, de l’armée israélienne. Il y a un espèce de romantisme naïf de la part de ceux qui traitent du sujet, et de traiter les Palestiniens comme les victimes avec un grand V, et les Israéliens comme les bourreaux. Et ce qui est grave dans ce reportage et qui, moi, profondément, m’interpelle, et doit interpeller non pas seulement les Juifs mais également les hommes de bonne volonté, et ceux qui veulent la paix et ceux qui croient en la démocratie, c’est qu’un tel reportage va d’abord et avant tout à l’encontre de l’entente et de la paix. Il va exactement être là pour créer un climat, d’abord, de haine, puis, qui est très facilement traduisible par une violence qui peut être demain dans les quartiers chauds des grandes villes de France et amener une friction entre Français d’origine maghrébine face à des Juifs qui, tout d’un coup, vont être le résultat d’un reportage qui est, malheureusement, encore une fois, un reportage qui a été fait avec des professionnels de la communication, avec l’aval d’une grande chaîne française, d’État, qu’est France 2, publique, et nous sommes encore une fois devant un, devant un…

 

Trop de généralités ? Le présentateur l’interrompt, et tente d’orienter son invité vers le « décryptage » : « Vous percevez vraiment ce reportage comme biaisé ? »

Réponse : « Attendez, s’il est pas biaisé, alors qu’est-ce qu’il est ? C’est pas un reportage, c’est un programme de la télévision palestinienne, qui montre le problème palestinien du côté palestinien… »

Nouvelle interruption du présentateur : « Qu’est-ce qui ne va pas, selon vous, dans ce reportage, dans ces images que nous avons vues ? »

Tout, tout est mauvais. Rien ne va dans ce reportage. On a des gens qui sont partis sur le terrain avec, dès le départ, non pas une idée qui va être développée mais déjà un script et un scénario avec une conclusion à l’avance. Et dans ce script et scénario et conclusion à l’avance on va amener des éléments pour que tout concorde. Donc, s’il y a ici un travail qui est fait, c’est un travail de publicitaire. On est des spectateurs. On est israélien, on est aussi français, on est juif, chrétien, musulman… On nous donne un reportage à voir, sur une grande chaîne d’État. Donc on le regarde. Ça paraît intéressant, ça vient à un timing intéressant, on parle de l’Onu, des Israéliens, des Palestiniens, on parle d’un retour du processus de paix, des négociations, et puis tout d’un coup on nous amène ce narratif palestinien classique, anti-israélien classique, non pas par des journalistes palestiniens, ou d’Al-Jazira, ou de chaînes arabes, mais par des journalistes français qui devraient avoir une certaine réserve, au moins, pour traiter un sujet qui est tellement délicat, tellement complexe, tellement compliqué, avec tellement d’émotions, tellement de facteurs historiques, tellement de vérités pour chacun que de le simplifier, de vouloir en fait le rendre tellement simple, tellement manichéen, le blanc le noir… On arrive à un résultat qui est très grave, qui est très grave, non pas seulement pour Israël, mais qui est très grave pour le journalisme dans son ensemble. J’espère qu’aujourd’hui ceux qui sont derrière les caméras et qui ont fait le reportage, peut-être, je l’espère en tout cas, devront corriger le tir, sans faire de jeu de mots [sic], et s’apercevoir qu’ils ont fait ici une très grave erreur, une très grave erreur pour l’intérêt, d’abord, de la paix, pour l’intérêt des Palestiniens, des Israéliens, des Juifs, des musulmans, des chrétiens, mais également de la France.

Et c’est tout. Chacun aura pu constater qu’Olivier Rafowicz a« [démonté], argument après argument, toujours avec des sources historiques, objectives, une grande partie de la désinformation mise en scène dans le reportage de France 2 ».

Faire dire aux journalistes de France 2 ce qu’ils n’ont jamais dit

Certains invités ont un peu plus d’« arguments » et de « sources historiques » qu’Olivier Rafowicz. Mais la plupart ont une forte tendance à faire dire aux journalistes de France 2 ce qu’ils n’ont jamais dit, pour mieux s’attaquer à des propos contestables… qui n’ont jamais été tenus. Nous nous contenterons ici de quatre exemples (et il y en a d’autres) :

- Emmanuel Navon, « professeur de relations internationales à l’université de Tel Aviv » (et candidat aux primaires du Likoud, ce qu’oublie de nous dire le présentateur), débute sa première intervention en s’élevant contre l’emploi de l’expression « judaïser Jérusalem », qu’il semble prendre plaisir à tourner en ridicule en expliquant que les Juifs habitent depuis trois mille ans à Jérusalem. Le problème est que cette expression n’a jamais été employée par les journalistes de France 2…

- Plus tard, Jonathan-Simon Sellem pose naïvement une question au même Emmanuel Navon, au sujet du tramway de Jérusalem, duquel l’émission de France 2 a parlé en rappelant son caractère polémique (puisqu’il relie Jérusalem-Ouest aux colonies de Jérusalem-Est) : « Dans le quotidien, est-ce que les Arabes, les musulmans, les Juifs, les chrétiens, les Arméniens, les orthodoxes… prennent tous ce tramway ? Est-ce qu’ils le prennent tous dans la même trame [sic] ? Ou est-ce qu’il y a les Juifs devant, les Arabes derrière, comment ça se passe ? Je sais pas… Si c’est de la ségrégation, si on est en Afrique du Sud… » Et Emmanuel Navon de rebondir sur la question : « […] Cette comparaison avec l’Afrique du Sud est absurde, puisqu’en Israël il n’y a pas de ségrégation entre les groupes ethniques […] C’est ça l’apartheid ? » La comparaison avec l’Afrique du Sud est-elle « absurde » ? Une chose est sûre : c’est le présentateur de l’émission qui l’a faite, et non l’équipe de France 2, qui n’a pas plus qualifié la politique israélienne de politique d’apartheid.

- Emmanuel Navon, décidément très en verve, poursuit l’exercice, en commentant la mention, dans l’un des reportages d’« Un œil sur la planète », de la politique israélienne de destructions de maisons palestiniennes à Jérusalem-Est : « Venir présenter la démolition de maisons qui sont construites de façon illégale comme une espèce de crime contre l’humanité, c’est tout simplement transformer la réalité et l’inverser de bout en bout ». Aucun journaliste de France 2, et aucun palestinien interrogé dans le reportage, n’a qualifié les destructions de maisons palestiniennes de « crime contre l’humanité », ou même « d’espèce de crime contre l’humanité ». De là à se demander qui « transforme la réalité »…

- Jonathan-Simon Sellem évoque enfin le reportage consacré (selon lui) au « lobby juif » aux États-Unis, dans lequel (selon lui) « on accuse carrément les Juifs de prendre Obama comme un pantin et de le manipuler ». Après la diffusion d’un court extrait de l’émission de France 2, il pose de nouveau une question naïve (qui démontre au passage l’étendue de son « objectivité de journaliste ») : « Alors j’ai envie de dire : messieurs, on est en plein dans “Les Protocoles des Sages de Sion”, le mythe antisémite par excellence, le juif qui contrôle tout, qui achète les gouvernements, qui achète les médias, qui surveille les médias, qui surveille les journalistes…

Bienvenue dans “Les Protocoles des Sages de Sion”, version revisitée par France 2, nous sommes le 3 octobre 2011, vous en pensez quoi, Emmanuel Navon ? » Dans sa réponse, Emmanuel Navon va employer à pas moins de six reprises le terme « lobby juif », qu’il reprend d’ailleurs à son compte. Double problème : non seulement les journalistes de France 2 n’ont jamais employé le terme « lobby juif », mais ils ont en outre expliqué que le « lobby pro-israélien aux États-Unis » n’est pas composé que d’organisations juives : « Réduire le soutien à Israël au seul poids de [la communauté juive] serait une erreur. Il y a aussi les chrétiens évangéliques qui sont devenus les champions de l’alliance israélo-américaine ».

Le procédé est éculé. Arthur Schopenhauer, dans son ouvrage L’art d’avoir toujours raison (rédigé en 1830), proposait déjà divers « stratagèmes » pour décrédibiliser son interlocuteur lors d’un débat. Voici l’un d’entre eux : « On arrache à la proposition de l’adversaire, en tirant d’elle de fausses conséquences et en gauchissant ses concepts, des propositions qui ne s’y trouvent pas et n’ont rien à voir avec l’opinion de l’adversaire, et sont, tout au contraire, absurdes ou dangereuses » [3]. Certains semblent avoir retenu la leçon. Mais lorsque l’on prétend dénoncer le manque de rigueur des autres et rétablir la vérité, cela fait désordre.

Donner des leçons de journalisme

On l’a vu, Olivier Rafowicz a dénoncé le « romantisme naïf » des journalistes de France 2. Plus tard dans l’émission, un autre invité pointe « l’angélisme de la presse occidentale ». À plusieurs reprises durant le programme, Jonathan-Simon Sellem oppose les vertus des journalistes israéliens qu’il convoque (ils « connaissent le terrain ») aux défauts des journalistes français qui ont tourné les sujets incriminés (ils ont adopté le « point de vue palestinien »). Pour illustrer la difficulté de la réalisation de reportages dans les territoires palestiniens, « Deux yeux sur leur planète » donne la parole à Marc-Israel Sellem (« photo-reporter au Jerusalem Post »), qui relate l’une de ses expériences. Le 2 octobre, il s’est rendu à Ramallah à l’occasion d’une manifestation en soutien aux prisonniers politiques palestiniens en grève de la faim. Il a pris en photo une femme qui brandissait un portrait de prisonnier. Quelques secondes après avoir été photographiée une première fois, et repérant l’objectif, cette femme se met soudain à pleurer.

Question du présentateur : « Est-ce que ce genre de manipulation est courante ? […] Est-ce qu’on a clairement affaire à ce qu’on appellerait une pleureuse professionnelle, quelqu’un qui est payé pour pleurer, pour venir pleurer, ou quelqu’un qui s’entraîne, une comédienne ? Qui était cette personne, qui était cette femme, d’après vous ? » Réponse de l’homme de terrain : « Il est évident que cette personne, je ne sais pas si elle est payée ou pas payée, parce que j’ai pas les preuves, donc on peut pas se permettre d’arriver à ces conclusions. Il est évident que c’est une personne, elle était là pour jouer un rôle. Elle est venue, elle a vu les photographes, les caméramans, s’est mise à pleurer […] Et une personne qui arrive à pleurer en 17 secondes, si vous essayez à la maison… ». Il n’en dira pas plus. Mais l’affaire semble entendue : c’est une comédienne. Et Marc-Israel Sellem d’évoquer les multiples pièges tendus aux journalistes par les Palestiniens, qui organisent entre autres des… « faux enterrements ».

Les situations de conflit armé sont sujettes, chacun le sait, à bien des formes de propagande et de manipulation. Mais que cherche à nous prouver le photographe israélien ? Que les milliers de prisonniers politiques palestiniens n’existent pas ? Que leurs familles ne sont pas tristes ? Que les Palestiniens ne meurent pas réellement sous les tirs israéliens et qu’ils organisent donc de faux enterrements ? Probablement pas. Veut-il alors nous dire que certaines images de France 2 sont sujettes à caution ? Oui, mais… lesquelles ? Il n’en mentionne et n’en commente aucune, se contentant de ses propres photos… Il semble plutôt tenter de jeter le discrédit sur l’ensemble de l’émission de France 2 au nom des « manipulations » dont les Palestiniens seraient coutumiers. Mais la crédibilité de son cours magistral sera de courte durée, puisqu’il le reconnaît lui-même, pour finir : « C’est la première fois que ça m’arrive de voir un changement de situation aussi rapide, c’est-à-dire une personne qui voit des caméras et qui se met à jouer de la comédie ».

Une leçon de journalisme que ne manqueront pas de retenir le rédacteur en chef de l’émission, Patrick Boitet (prix Albert-Londres en 1996, qui pilotait son 34e numéro d’« Un œil sur la Planète »), Charles Enderlin (journaliste depuis quarante ans en Israël), Martine Laroche-Joubert (au service étranger de France 2 depuis 1984, qui vient de couvrir la guerre en Libye), Katia Clarens (qui a réalisé des reportages, entre autres, en Palestine, au Liban, en Iran, en Afghanistan, au Tchad…), Alexis Monchovet (Prix Albert-Londres pour un reportage réalisé à Rafah, à la frontière entre Gaza et l’Égypte, fruit de plus d’un an d’immersion), Étienne Leenhardt et les autres journalistes de France 2 ayant participé à l’émission incriminée. Leur expérience leur donne-t-elle nécessairement raison ? Non. Mais les arguments de la « naïveté » et de « l’angélisme », a fortiori lorsqu’ils ne reposent sur aucune preuve de « manipulation », ne sont guère concluants.

Des « contrevérités » factuelles sur France 2 ?

Sauf erreur de notre part, durant les 53 minutes qu’aura duré le « contre-émission », seules… trois « contrevérités » factuelles ont été pointées du doigt. C’est l’universitaire Emmanuel Navon qui s’en est chargé.

- La première d’entre elles figurerait au début de l’émission de France 2, lorsque qu’Étienne Leenhardt tient les propos suivants :« Y aura-t-il un jour une Palestine libre aux côtés d’Israël ? Les Nations Unies l’avaient prévu, c’était en 1947, au moment de la création de l’État hébreu. Mais le partage n’a pas eu lieu, et chacun porte une responsabilité dans cet échec ». Commentaire d’Emmanuel Navon : « Le reportage commence avec un mensonge, donc ça commence très bien. Le plan de partage de 1947 a échoué à cause des Palestiniens. Il a été accepté par les Juifs et refusé par les Arabes, point à la ligne ». Il n’y aurait donc pas de « partage des responsabilités » dans cet échec. Emmanuel Navon a en partie raison : le plan de partage de 1947 a été formellement « accepté par les Juifs » et « refusé par les Arabes ». Mais rappelons ici ce que David Ben Gourion, « père fondateur » d’Israël, déclarait au sujet du partage : « Après la formation d’une grande armée à la suite de l’établissement de l’État, nous abolirons la partition et nous nous étendrons sur l’ensemble de la Palestine » [4]. Au terme de la première guerre israélo-arabe (1948-49), Israël s’étend ainsi sur 78 % de la Palestine mandataire, alors que les Nations Unies lui en avaient accordé 55 %. Les propos mesurés d’Étienne Leenhardt ne peuvent donc décemment pas être qualifiés de « contre-vérités »…

- Le second « mensonge » concernerait le reportage sur les réfugiés et la mention, par les journalistes de France 2, du « droit au retour ». Pour Emmanuel Navon, la cause est entendue : « Lorsque[les journalistes] disent que la résolution 194 des Nations Unies reconnaît aux Palestiniens le droit de revenir en Israël, c’est faux ». Que dit la résolution ? « L’assemblée générale […] décide qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent, de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers ». Chacun appréciera. Et Emmanuel Navon de poursuivre (préciser ?) : « Le droit international ne reconnaît pas [de droit au retour] aux descendants [des réfugiés] ». Le « droit international », non. Mais l’agence des Nations Unies chargée des réfugiés palestiniens (UNRWA) considère les descendants des réfugiés comme des réfugiés, au même titre que leurs parents et/ou grands-parents. Les choses sont donc un peu plus complexes que ne le prétend Emmanuel Navon et il nous semble, de nouveau, plus qu’imprudent de parler de « mensonges », même si les interprétations juridiques peuvent faire discussion.

- Troisième et dernière « contrevérité » attribuée par Emmanuel Navon aux journalistes de France 2 : « C’est de dire, finalement, que les tirs de roquettes de la bande de Gaza sont le résultat, la conséquence des raids israéliens […]. L’intifada d’Arafat, en 2000, a été suivie par des tirs de roquettes de la bande de Gaza vers Israël sans aucun tir israélien. » Il fait ici référence à une phrase d’Étienne Leenhardt, lorsque celui-ci affirme que les tirs de roquettes palestiniens « sont la conséquence des raids israéliens et du blocus imposé par Israël sur la bande de Gaza ». Le contre-argument d’Emmanuel Navon est donc le suivant : les tirs de roquettes auraient précédé les raids israéliens, et même les « tirs israéliens ». Voilà un argument pour le moins… maladroit. Le site du ministère des Affaires étrangères de l’État d’Israël nous apprend en effet que le premier tir de roquette depuis Gaza vers Israël date du… 10 février 2002 [5]. Or, selon les chiffres de l’Onu, c’est précisément en février 2002 que le nombre de Palestiniens tués par l’armée israélienne depuis le début de la « deuxième Intifada » a franchi le cap des 1 000, dont une majorité à Gaza [6]. Dire cela, ce n’est pas justifier les tirs de roquettes, mais seulement souligner la « contrevérité » proférée par Emmanuel Navon. Pour reprendre l’une de ses phrases : « Soit les journalistes sont ignorants, soit ils mentent. Donc on peut leur laisser le bénéfice du doute ». 

***
Généralisations abusives, faux procès, mauvaises leçons de journalisme, dénonciations de « contrevérités » qui n’en sont pas et… mensonges (voir annexes 1 et 2) : les procédés employés par les « contre-informateurs », à défaut d’entamer la crédibilité de l’émission diffusée sur France 2, indiquent qu’ils ne poursuivent pas un but aussi noble qu’ils le prétendent. Les stratagèmes qu’ils utilisent ont tous le même objectif : délégitimer les reportages, et non « rétablir la vérité ». Répétons-le en effet : les détracteurs d’« Un œil sur la planète » n’ont pu démontrer l’existence d’aucune erreur factuelle dans le travail effectué par les journalistes de France 2. Il y en avait pourtant une (voir annexe 3).

De toute évidence, le Crif, l’ambassade et les concepteurs de « Deux yeux sur leur planète » pensent que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. En témoignent les propos d’Olivier Rafowicz, porte-parole de l’armée israélienne, que nous avons rapportés ci-dessus en intégralité : « C’est un programme… un programme palestinien, anti-israélien, qui a été programmé, qui a été organisé, qui montre un seul côté, qui le montre bien d’ailleurs, avec la volonté de vouloir casser, détruire, presque anéantir, l’image de l’État d’Israël, de l’armée israélienne ». Et, plus loin : « Tout, tout est mauvais. Rien ne va dans ce reportage. » Conclusion : un reportage qui « montre bien » la réalité palestinienne est donc un reportage dans lequel « rien ne va ». Tout est dit ?

Julien Salingue

 

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Histoire, Egypte : 1953 le jeune colonel Gamal Abdel Nasser évoque son entretien avec le chef des Frères musulmans qui veut imposer le port du voile aux femmes.

1953 Dans un discours public au Caire, le jeune colonel Gamal Abdel Nasser évoque son entretien avec le chef des Frères musulmans qui veut imposer le port du voile aux femmes. Pour le nouveau maître de l’Egypte, cela paraît inconcevable – voire ridicule –, et le public en communion avec Nasser rit de cette incongruité. Même la propre fille du chef des Frères n’est pas voilée.
2017 La grande majorité des femmes égyptiennes musulmanes portent le voile.

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Histoire : Marseille bombardée le 27 mai 1944 par les Américains

le 2 7 Mai 1 9 4 4

Rappel d’un événement douloureux de Marseille :

Plus de huit cents bombes sont larguées de très haute altitude par cent vingt forteresses volantes, faisant 1976 morts, près de 3000 blessés et plus de 20 000 sinistrés.

C’est ce que relate Serge Brouqui dans son livre Marseille bombardée le 27 mai 1944
Le 27 mai 1944, onze jours avant le Débarquement en Normandie, 134 bombardiers lourds de la 15e Air Force Américaine, attaquent les installations ferroviaires de Marseille entraînant d’importantes destructions dans la ville et de lourdes pertes parmi la population civile.
Dans cet ouvrage de référence, le seul à ce jour entièrement consacré à ce tragique événement, l’auteur s’attache à replacer cette opération militaire dans le contexte de l’époque.
Marseille était-elle un objectif stratégique ? Les Américains ont-ils voulu empêcher la population Marseillaise de se soulever contre l’occupant et le régime de Vichy ?
Fruit de patientes recherches, MARSEILLE BOMBARDEE  apporte des réponses aux questions que de nombreux Marseillaises et Marseillais se posent depuis plus de cinquante ans.
Traitant sans complaisance un sujet encore sensible, Serge Brouqui, témoigne dans ce livre de son intérêt pour l’une des pages les plus sombres de l’Histoire de Marseille.

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