Comme leur nom l’indique, ce sont de mauvaises langues ; une équipe de joyeux lurons qui se produit sur la RTS tous les samedis soirs dans l’émission qui porte leur nom.
Un extrait du dernier numéro qui s’attarde sur la dramatique journée du lundi 14 mai dans la bande de Gaza, se soldant sur la mort de 55 palestiniens et des centaines de blessés, toujours du côté palestinien.
C’est avec un humour ironique et grinçant que la jeune équipe nous relate les événements en rediffusant en fin de sketch une vidéo qu’ils avaient tourné il y a 4 ans et qui malheureusement est toujours d’actualité aujourd’hui : « Le Monopoly palestinien »
Après le carnage survenu dans la bande de Gaza, lundi 14 mai 2018, Simona Frankel, ambassadrice d’Israël en Belgique déclare que les 55 victimes abattues par l’armée israélienne étaient des terroristes.
« Je regrette la mort pour tout être humain, même pour 55 terroristes qui ont tenté de passer la frontière« . Même les 8 enfants et les bébés, demande Thomas Gadisseux au micro de Matin première? Pour la diplomate israélienne, c’est le groupe terroriste Hamas qui a pris en otage la population et est responsable de ces morts. « Ils ont décidé de sacrifier leurs frères et sœurs, les hommes, femmes et enfant dans une guerre médiatique. Nous voulons simplement protéger nos citoyens. Nous préférons avoir des critiques que des condoléances ».
Le fait que le mouvement de manifestation soit nié il y a plusieurs semaines, créé par un groupe citoyen pacifique, n’est pas un argument que peut accepter Simona Frankel: ce mouvement a été instrumentalisé par le Hamas, « ce groupe terroriste qui ne fait que du mal« . Et le cri des manifestants « Mieux vaux mourir devant les murs de la prison que mourir à petit feu » n’est, pour elle, qu’un slogan: « Ce qu’il font c’est mettre le feu sur eux-même. Ils envoient les enfants devant la barrière qui séparent Israël de la bande de Gaza. »
En réaction à la déclaration du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders qui a condamné l’usage disproportionné de la force, Simona Frankel s’insurge: « Je ne comprends pas le mot disproportionné. Faut-il des morts israéliens pour que ce soit proportionnel?
Ouvrir l’ambassade américaine le jour du 70ème anniversaire de l’Etat israélien a-t-il pu jeter de l’huile sur le feu dans la bande de Gaza? Pour l’ambassadrice, la question ne se pose pas: « Jerusalem est notre capitale depuis 3000 ans, ce n’est pas nouveau. Le fait que la communauté internationale ne veuille pas le reconnaître est regrettable, mais chaque pays décide quelle ville sera sa capitale. Et je veux saluer le président Donald Trump qui la reconnaît en y installant son ambassade. J’espère que son exemple sera suivi. »
Peut-on encore parler de paix?
Peut-on encore penser à une paix future après la mort de 55 personnes? Pour l’ambassadrice d’Israël en Belgique, Il faut se souvenir que « pendant 70 an, on n’a pas eu un jour de paix. Nous avons quitté la bande de Gaza en 2005, et le ministre Sharon a retiré les implantations dans la bande de Gaza. » Mais pour elle, il n’existe qu’une alternative: « il faut libérer les otages du groupe terroriste du Hamas. »
De nouveaux médiateurs? pas vraiment nécessaires
Le processus de paix qui semblait déjà moribond est désormais aux abonnés absents. Le président de la Palestine, Mahmoud Abbas, estime que les USA ne sont plus un médiateur au Moyen-Orient. Mais alors qui les remplacera? L’Europe? Une perspective qui ne semble pas enthousiasmer l’ambassadrice: » Il ne faut pas de médiateur, il faut un dialogue direct. Quand on veut faire la paix on se parle directement« . Pour ensuite ajouter: « Quiconque peut contribuer à la paix est le bienvenu, l’Europe ou quelqu’un d’autre »
L’iran: l’axe du mal
Le retrait de Donald Trump de l’accord iranien sur le nucléaire est une bonne chose pour Israël : « Ce qui sème le trouble, c’est l’axe du mal qui est dirigé par l’Iran. On voit les empreintes de l’Iran au Liban, en Syrie et dans la Bande de Gaza. L’iran veut mettre le mal dans toute la région. Il faut améliorer l’accord entre l’Iran et les autres parties. Il y a une ligne rouge: le gouvernement d’Israël va défendre ses frontières. »
» Des livres scolaires belges antisémites «
Pour l’invitée de Matin Première, les tensions qui existent en Europe ne sont pas la conséquence de la politique au Moyen-Orient. « L’Europe doit regarder comment l’antisémitisme se développe. Dire qu’Israël et les juifs sont coupables de tout le mal du monde, c’est la base de l’antisémitisme. »
Un antisémitisme qui serait illustré, selon Simona Frankel, par un livre scolaire utilisé dans l’enseignement flamand et contenant des caricatures de juifs. Ces caricatures seraient utilisées dans un texte qui aborde le conflit de l’eau au Moyen-Orient.
Santé publique : Les bactériophages, virus mangeurs de bactéries, sont peut-être l’avenir de l’antibiotique.
Les résultats sont prometteurs, que ce soit dans la lutte contre les pneumonies, les infections urinaires, celles touchant la peau ou encore les os. Faut-il toutefois convaincre les autorités sanitaires.
Le bactériophage, virus qui ne s’attaque qu’aux bactéries et largement utilisé en Géorgie ainsi qu’en Russie n’est pas brevetable en Europe faute de tests et donc pas encore rentable pour l’industrie pharmaceutique.
Les bactéries deviennent de plus en plus résistantes aux antibiotiques que l’on retrouve dans de très nombreux aliments comme la viande et le poisson notamment. Le bactériophage pourrait être une solution à terme.
Souvent évoqué sur ces pages, l’amalgame est un mauvais conseiller. Ne pas confondre le sionisme et la religion juive
Alors que le président Emmanuel Macron déclarait que l’anti sionisme était la forme réinventée de l’antisémitisme (voir la vidéo en fin d’article), en Israël, beaucoup de citoyens juifs n’adhèrent pas à la politique de colonisation de leur gouvernement sur les territoires palestiniens et le démontrent en boycottant eux-même tous les produits en provenance de Palestine.
Alors que le sionisme n’est ni une religion ni une nationalité mais l’idéologie de la domination par l’argent, ex banquier de Rotschild, homme politique propulsé aux sommets du pouvoir par les lobbies de la finance,
Emmanuel Macron président de la France déclare :
“Nous ne cèderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme.”
Dans certaines régions de Chine comme c’est le cas dans la province du Sichuan, les abeilles ont totalement disparu depuis bien longtemps. Au début des années 80 l’utilisation des pesticides non contrôlée a anéanti toutes les abeilles de la région tuant de cause à effet toutes les plantes à pollen qui subvenaient aux besoins de la population.
La production fruitière c’est alors effondrée laissant les fermiers assister impuissants à la destruction de leur gagne-pain.
Pékin, la capitale demeurant impuissante face à ce problème a ordonné à la population de polliniser à la main et, sans autre alternative, les fermiers n’ont pas eu d’autre choix de se résigner.
D’aucuns me diront que si les abeilles devaient disparaitre de la surface du globe, nous n’aurions qu’à imiter les Chinois et que cela créerait même des emplois (je les vois venir) je répondrai alors à ces derniers à combien ils estiment le prix d’un kilo de pommes dont les fleurs ont été pollinisées par l’homme ?
Cadavres d’abeilles dans un rucher de Razés en Haute-Vienne
L’Union européenne a voté la semaine dernière l’interdiction pour 2019 de trois pesticides néonicotinoïdes utilisés pour protéger les cultures agricoles. Des produits accusé de causer la disparition des abeilles… Nécessaire, mais sans doute loin d’être suffisant et sûrement trop tardif.
En trente ans, près de 80 % des insectes volants auraient disparu d’Europe. Et parmi les victimes les plus « visibles », les abeilles dont les hécatombes récentes ne cessent d’inquiéter les apiculteurs. Fin mars, les apiculteurs de Dordogne avaient dénombré 700 ruches désertées, vides de tout occupant. Aujourd’hui il y en aurait 3 000 !
Après de précieuses années perdues en débats et batailles d’experts, l’interdiction de trois néonicotinoïdes reconnus dangereux pour la survie des précieux insectes a été prononcée par Bruxelles, mais n’entrera en vigueur qu’en 2019. L’Union Européenne s’appuie sur des évaluations négatives de l’Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa), publiées en 2013 et confirmées en février dernier.
Décision tardive, mais décision quand même. Que l’Union Européenne vienne d’interdire ces trois pesticides dangereux reste une bonne nouvelle pour les apiculteurs, désespérés de constater, impuissants, les disparitions vertigineuses de leurs ruches.
Ces pesticides néonicotinoïdes s’attaquent au système nerveux des abeilles au moment où celles-ci butinent des champs traités. Évidemment pas le but premier recherché par les agriculteurs qui apprécient en revanche la protection contre les parasites des récoltes, qu’ils proviennent du sol ou des airs. Un engouement bien sûr encouragé par les industriels…
Est-ce pour autant la fin du cauchemar pour les insectes ? C’est malheureusement loin d’être sûr. D’autres molécules sortent régulièrement sur le marché, trop vite pour être testées. Et les autres néonicotinoïdes sont de toute façon encore autorisés et largement utilisés.
Et comme si ces produits ne suffisaient pas, le 15 avril dernier dans une tribune publiée dans Libération des scientifiques et des chercheurs du CNRS, INRA et de l’Inserm alertaient la population et les pouvoirs publics sur les risques potentiels de fongicides SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase) utilisés « à grande échelle » en agriculture pour détruire les moisissures qui se développent sur les céréales ou les fruits et qui se retrouvent dans la nourriture. Une substance qui bloque une étape de la respiration des champignons, et qui pourrait affecter les cellules de tous les êtres vivants, voire modifier l’ADN humaine… Nous vivons une époque formidable… où le progrès fait rage…
Le marché des antidouleurs est en plein boom mais ces médicaments suscitent de plus en plus d’inquiétudes.
La consommation de paracétamol a augmenté de 53% entre 2005 et 2016 en France et le surdosage inquiète : Les ventes de cachets en dosage de 1 gramme ont cru de 140% . Or, la dose recommandée est de 3 grammes par jour et 1 gramme maximum en une prise. Seulement 14% des patients connaissent le risque de toxicité du paracétamol sur le foie, une toxicité accrue lors de la consommation d’alcool.
Quand à l’ibuprofène, les gens pensent pouvoir en consommer à l’infini parce qu’ils ont mal au genou mais ils ne sont pas suffisamment au courant du danger.
G.S
Le paracétamol, anti-douleur… et anti-émotions ?
Sous ses différentes marques et formulations (Doliprane, Efferalgan, Dafalgan, sans oublier l’Actifed, le Dolirhume, etc.), le paracétamol est le médicament le plus vendu en France. Aux Etats-Unis, la molécule entre dans la composition de plus de six cents médicaments et on estime que, chaque semaine, plus de 50 millions d’Américains consomment l’un d’entre eux. C’est dire le succès de cet antalgique. Mais, précisément, l’usage généralisé du paracétamol incite les chercheurs à décortiquer davantage son mode d’action, au-delà du soulagement de certaines douleurs. Ainsi, en 2013, une étude réalisée par des psychologues canadiens avait fourni de curieux résultats : des personnes ayant avalé du paracétamol et auxquelles on avait demandé de rédiger quelques phrases sur leur propre mort semblaient peu atteintes par les sentiments négatifs et l’anxiété qu’avaient, dans les mêmes conditions, éprouvés des « cobayes » ayant pris un placebo. Comme si le médicament, en plus de jouer sur la douleur, s’attaquait aussi aux émotions négatives. Dans un article que vient de publier la revue Psychological Science, une équipe américaine de l’université de l’Ohio a voulu explorer plus avant cette intrigante hypothèse.
Pour une première expérience, ces chercheurs ont recruté 82 personnes. Une moitié d’entre elles a pris 1 gramme de paracétamol et l’autre moitié un placebo (évidemment personne ne savait qui avait avalé quoi). Les participants ont attendu une heure pour que la molécule ait le temps de passer dans le cerveau, puis l’expérience à proprement parler a commencé. On a soumis à tous 40 photographies extraites de l’International Affective Picture System (IAPS), une banque d’images utilisées pour leur capacité à susciter une palette complète d’émotions, depuis les très déplaisantes (des enfants en pleurs ou souffrant de malnutrition, par exemple) jusqu’aux très agréables en passant par des clichés neutres (une vache dans un pré…). Les « cobayes » devaient noter l’impression que chaque image leur laissait, de -5 (extrêmement négative) à 5 (extrêmement positive), et indiquer, sur une échelle de 0 à 10, à quel point la photo provoquait chez eux « une réaction émotionnelle », pour reprendre les termes de l’étude.
A l’instar de ce qui était apparu lors l’expérience de 2013 sur la mort, les résultats montrent que les participants sous paracétamol sont, par rapport aux personnes ayant pris un placebo, moins emplis de sentiments négatifs face aux images les plus tristes… mais aussi moins joyeux devant les photos les plus gaies. Comme si la molécule émoussait les sentiments en gommant joies et peines extrêmes. Dans l’ensemble, le groupe « paracétamol » reconnaissait non seulement une moindre amplitude dans le ressenti des émotions mais aussi moins d’émotions tout court…
Les auteurs de l’étude, ayant conscience que le résultat pouvait aussi être interprété comme une altération du sens de la magnitude, de la capacité à évaluer correctement les extrêmes, ont décidé de répéter l’expérience sur un second groupe (de 85 personnes cette fois) en ajoutant une question supplémentaire : les participants devaient également estimer la quantité de bleu contenue dans les images. Les résultats obtenus ont été semblables à ceux du premier test mais, pour ce qui concernait l’évaluation de la proportion de bleu dans les photographies, les sujets sous paracétamol faisaient preuve d’un jugement identique à celui des participants ayant ingurgité un placebo, ce qui montrait bien que le médicament jouait sur les émotions et non sur le sens de la magnitude.
C’est la première fois qu’un tel effet secondaire est mis clairement en évidence avec le paracétamol qui, selon le premier signataire de l’étude, Geoffrey Durso, « pourrait avoir un spectre d’effets plus large que ce que l’on pensait auparavant. Plus qu’un simple « soulageur » de douleurs, le paracétamol peut être vu comme un « soulageur » d’émotions. » Reste à comprendre par quel mécanisme le phénomène se produit, comment la molécule influence notre réactivité émotionnelle – un éclaircissement d’autant plus nécessaire que le médicament est très populaire. Dans leur étude, les psychologues lancent une piste en direction de la sérotonine, ce neurotransmetteur impliqué dans la transmission et le contrôle de la douleur et dont on sait qu’il joue aussi sur l’humeur. Ces chercheurs ont également l’intention de poursuivre leurs recherches avec d’autres antalgiques, chimiquement différents mais presque aussi consommés que le paracétamol, comme l’ibuprofène et l’aspirine.
Interview de Norman Finkelstein par The Real News, le 11 mai 2018.
Norman Finkelstein affirme que les forces israéliennes ont mené une agression meurtrière contre des manifestants non-violents de la Grande Marche du Retour de Gaza parce que la protestation non-violente menace non pas Israël, mais son occupation.
Transcription française :
Aaron Maté : Vous êtes sur The Real News, je suis Aaron Maté. Le 15 mai 2018 sera le point culminant de la Grande Marche du Retour, dans laquelle depuis maintenant plusieurs semaines, les Palestiniens ont manifesté près de la frontière de Gaza, revendiquant leurs droits fondamentaux, la fin du blocus israélien et le droit de retourner dans leurs maisons desquelles ils ont été expulsés en 1948. Chaque semaine, Israël a ouvert le feu sur ces manifestants, tuant au moins 40 Palestiniens et en blessant des milliers d’autres.
Interview :
Je reçois Norman Finkelstein pour en parler. Il est l’auteur de nombreux livres, dont le dernier est intitulé Gaza, une enquête sur son martyre. Norman, bienvenue.
Norman Finkelstein : Merci de me recevoir.
Aaron Maté : Merci d’être avec nous. Parlez-nous donc des enjeux de la phase finale de la Grande Marche du Retour.
Norman Finkelstein : Je pense que le plus important est de replacer la marche dans son contexte historique.
Il y aura 70 ans ce 15 mai, a commencé l’expulsion des Palestiniens de ce qui est devenu l’Etat d’Israël. Donc le début du processus qui culminera cette semaine a été la création de la question des réfugiés Palestiniens. Et 70% de la population de Gaza sont des réfugiés et leurs descendants, qui sont aussi classifiés comme des réfugiés par les Nations Unies.
Le début du processus est donc l’expulsion, et il y a un demi-siècle, Gaza a été occupée par Israël. Et ce fut depuis le tout début une occupation très brutale. Les pires massacres furent alors supervisés par Ariel Sharon. Donc vous avez l’expulsion, à laquelle vient s’ajouter l’occupation.
Puis, en 2006, a commencé le siège de Gaza, le blocus, après que le Hamas a gagné les élections parlementaires : Israël, aidé des Etats-Unis et de l’Europe, a imposé un siège de type médiéval, le blocus de Gaza, le siège illégal, immoral et inhumain de Gaza.
Donc vous avez l’expulsion, l’occupation et le blocus, et en plus de tout cela, vous avez ces massacres périodiques infligés à Gaza. Depuis 2004, il y a eu non pas un, non pas deux, non pas trois, non pas quatre, non pas cinq, non pas six, non pas sept mais bien huit, huit massacres infligés au peuple de Gaza.
Maintenant, quand je parle du peuple de Gaza, vous devez bien avoir à l’esprit que plus de la moitié de la population sont des enfants. Ils ont moins de 18 ans. Donc lorsqu’on parle d’un blocus inhumain, de massacres, ils sont surtout infligés à des enfants.
Et vous pouvez imaginer — ce n’est pas très difficile à concevoir — que lorsque vous avez ce processus d’expulsion, d’occupation, de blocus et de massacres, à un certain moment, l’endroit devient invivable. Et je ne veux pas dire invivable dans un sens qui serait d’ordre poétique, mais bien physiquement invivable.
L’ONU est surtout composé de bureaucrates, des bureaucrates très austères, et ils ont rédigé des rapports assez compétents. Et début 2012, ils posaient une question très réaliste : Gaza sera-t-elle habitable en 2020 ? Encore une fois, physiquement, biologiquement, médicalement, sera-t-elle vivable ? Cela a commencé avec cette question.
Puis en 2015, l’UNCTAD, une agence de l’ONU, a publié un rapport qui ne la présentait plus comme une question. Ce rapport affirmait que dans la trajectoire actuelle, Gaza serait invivable en 2020.
Puis en 2017, l’ONU s’est rendu compte qu’ils avaient été trop confiants, trop optimistes. Ils ont dit que Gaza avait déjà franchi le seuil d’invivabilité il y a longtemps.
Eh bien, qu’est-ce que ça signifie, concrètement ? Cela signifie par exemple que 97% de l’eau de Gaza est contaminée. Chaque Américain devrait comprendre cela. Nous avons eu notre propre tollé national pour l’eau à Flint [Michigan], lorsque l’état de contamination de l’eau a été découvert. Mais on parle ici de toute une région, Gaza, dont l’eau est contaminée.
Comme l’a dit Sara Roy, du Centre d’Harvard pour les Etudes sur le Moyen-Orient, dans la dernière édition de son travail standard sur l’économie de Gaza, question sur laquelle Roy est l’autorité mondiale, elle dit que des innocents, en majorité des enfants, sont empoisonnés par l’eau qu’ils boivent et par la nourriture qu’ils consomment, parce que le sol est également contaminé.
Nous avons donc une situation où les gens sont maintenant confrontés par le fait qu’ils sont… et cela entraine… Je n’aime pas recourir à des comparaisons, car on arrive à cette comparaison des souffrances, et personne ne veut aller dans cette direction. Mais il y a des aspects de Gaza qui sont absolument uniques.
Et l’un de ces aspects est que, comme l’UNRWA — la principale organisation humanitaire travaillant avec des réfugiés Palestiniens — l’a dit, partout ailleurs dans le monde, s’il y a une catastrophe naturelle, comme par exemple une sécheresse, ou une catastrophe causée par les hommes, comme la guerre en Syrie, ils ont dit que ce n’est pas une super option mais les gens peuvent fuir.
Ils peuvent partir, ils peuvent déménager. Je serais le dernier à dire que c’est une bonne alternative, devenir un réfugié, et souvent finir dans une tente, dans la boue. Mais les habitants de Gaza n’ont même pas cette option, dit l’UNRWA. Ils sont piégés.
Maintenant, il faut se poser une question très simple : quel mot utiliseriez-vous pour décrire une situation dans laquelle 2 millions de personnes sont piégés dans une zone qui est physiquement invivable ? [Un camp de concentration]. Ce n’est pas mon langage, c’est le langage de l’ONU.
Ils sont physiquement piégés dans une zone qui est invivable et dans laquelle, pour citer Sara Roy, vous êtes empoisonné. Donc face à cette réalité, le peuple de Gaza n’a pas vu d’autre option, car le recours à la résistance armée, qui a été tenté plusieurs fois, s’est avéré futile, ils ont été incapables de faire céder Israël, donc ils ont vu cela comme un dernier recours.
Et le peuple de Gaza a entrepris, vraiment en masse, de manière populaire, non-sectaire, d’essayer de briser le siège en recourant à la résistance civile non-violente.
Aaron Maté : Donc les habitants de Gaza ont fait ce que de nombreuses personnes dans le monde ont affirmé vouloir qu’ils fassent depuis des années, à savoir des manifestations non-violentes. Ils ont manifesté toutes les semaines, les enfants, les femmes, les résidents ordinaires de Gaza. Quelle a été la réponse d’Israël ?
Norman Finkelstein : Eh bien, la réponse israélienne a été, pour citer Amnesty International dans un rapport récent publié sur la situation de Gaza, ils ont dit, et je les cite, qu’Israël conduit un « assaut meurtrier contre des manifestants non-violents » à Gaza.
C’était très inhabituel pour Amnesty, j’ai suivi Amnesty de très près pendant plusieurs années, et ils n’ont jamais utilisé une expression comme « assaut meurtrier ».
Et même Natalie Portman, c’est très inhabituel, l’actrice Natalie Portman, qui était l’assistante d’Alan Dershowitz [le BHL américain] pour son livre The Case for Israel[Plaidoyer pour Israël]. Donc elle était vraiment à la droite de la droite du spectre politique. Et elle a décrit ce que fait Israël à Gaza comme des « atrocités commises à Gaza ».
Donc le langage lui-même a dépassé un certain seuil, d’un langage assez respectable comme recours « disproportionné » ou « indiscriminé » à la force, et maintenant le langage est enfin [adapté] — ça a pris du temps —, et il s’élève à cette occasion au niveau de la brutalité de la réponse israélienne.
La question intéressante, ou une question intéressante est Pourquoi ? En partie, évidemment, parce qu’Israël lâche la bride à son assaut meurtrier contre des manifestants très massivement non-violents, pour essayer d’y mettre fin. Mais il y a un autre aspect.
L’autre aspect est, comme l’un des plus hauts responsables l’a dit dans Wikileaks, il a dit qu’on n’est pas trop forts pour les Gandhi. Ce qu’il voulait dire, c’est qu’ils ont toujours un très gros problème avec les Palestiniens engagés dans la résistance non-violente, car quand Israël recourt à sa force brutale habituelle, cela fait tache dans les médias internationaux.
Et c’est pourquoi ils essaient constamment de provoquer les habitants de Gaza pour les forcer à recourir à la force armée. C’est pour cela qu’ils ciblent les enfants. C’est pour cela qu’ils ciblent des journalistes révérés comme (Yasser) Murtaja car ils veulent enrager la population de Gaza. C’est pour cela qu’ils ont tué le Palestinien en Malaisie, l’ingénieur proche du Hamas, espérant déclencher une réaction.
Aaron Maté : Vous parlez de l’assassinat d’un Palestinien en Malaisie.
Norman Finkelstein : Oui, un ingénieur palestinien. Ils n’ont pas reconnu (être les auteurs de cet assassinat), mais tout le monde le sait. Ils ont tué les 6 militants de la Brigade Al-Qassam il y a quelques jours à Gaza…
Aaron Maté : Les Brigades Al-Qassam sont la branche armée du Hamas.
Norman Finkelstein : … tout comme ils ont tué les 6 membres du Hamas le 4 novembre 2008 pour provoquer une attaque du Hamas, une attaque de roquettes, pour avoir un prétexte…
Aaron Maté : Le 4 novembre 2008, le jour de l’élection de Barack Obama, donc l’attention du monde était détournée d’Israël…
Norman Finkelstein : C’est une partie de la raison pour laquelle ils les ciblent. Ils essaient désespérément de provoquer une réaction pour pouvoir attaquer avec la pleine force de leur brutalité et prétendre que c’est de la légitime défense.
Je tiens seulement à dire que cela a atteint un niveau tellement indécent de ridicule, que tandis que le Hamas se retient, tandis que le Jihad Islamique se retient…
Aaron Maté : Le Jihad Islamique est un autre groupe militant à l’intérieur de Gaza.
Norman Finkelstein : … tandis qu’ils absorbent (patiemment) toutes les provocations israéliennes brutales et vicieuses, le New York Times entre en scène et dit que les Palestiniens à Gaza représentent une menace mortelle pour Israël avec leurs cerfs-volants.
Ils disent que les Palestiniens font voler des cerfs-volants qui vont d’une manière ou d’une autre brûler Israël. Parce que le Hamas refuse de tirer ses « roquettes », qui ne sont même pas des roquettes, donc ils n’ont pas ce prétexte, donc les propagandistes israéliens du New York Times, comme Isabel Kershner, ont concocté un nouveau prétexte, ces cerfs-volants qui d’après eux vont réduire Israël en cendres. Ils sont tellement désespérés dans leur tentative de justifier les tactiques et les provocations de l’Etat d’Israël.
Aaron Maté : Très bien, nous allons nous arrêter là et nous poursuivrons ce sujet dans la deuxième partie. Mon invité est Norman Finkelstein, auteur de nombreux livres, y comprisGaza, une enquête sur son martyre.
Tout le monde connait la Suisse pour ses banques, ses montagnes mais aussi et surtout pour son chocolat. Voici qu’un chocolatier profite de la légalisation du cannabis pour mettre au point une recette d’un genre nouveau.
France : La résistance se mobilise tout en se divisant.
Lors de la manifestation organisée à Paris le 13 mai 2018 et dont le slogan était : “Il faut l’unité pour chasser Macron”, le moins que l’on puisse dire c’est que les organisateurs étaient très sélectifs en matière d’unité.
Muselage des médias indépendants, liberté d’expression moribonde, la résistance qui appelle à l’unité semble plus divisée que jamais. Les élites en sont parfaitement conscients et savent que c’est cette division des français qui leur assure une pérennité sereine.
Vincent Lapierre en fait les frais alors qu’il était sur le tournage qui devait couvrir l’événement.